Le Trésor américain triple ses rachats de dette et ravive la controverse information fournie par Zonebourse 09/09/2026 à 20:11
Le Trésor américain va tripler la taille habituelle de ses rachats d'obligations à long terme, avec une opération pouvant atteindre 6 MdsUSD jeudi sur les maturités comprises entre dix et vingt ans. L'objectif affiché reste d'améliorer la liquidité d'un marché sous pression, alors que le rendement du Treasury à 10 ans est remonté à ses plus hauts niveaux depuis près de 3 ans à 4,85% et celui à 30 ans à ses plus hauts niveaux depuis 2007 au-dessus de 5,2%.
Le programme, relancé en 2024, consiste principalement à retirer du marché d'anciennes obligations devenues moins liquides afin de faciliter les échanges, sans réduire pour autant la dette publique puisque Washington continue parallèlement d'émettre de nouveaux titres. Mais l'accélération récente du dispositif est devenue controversée. Le Trésor avait déjà relevé en août de 2 à au moins 4 MdsUSD la taille de ses rachats sur certaines maturités longues, peu après que le taux à 30 ans a atteint un sommet de près de vingt ans.
Stanley Druckenmiller, ancien mentor de l'actuel secrétaire au Trésor Scott Bessent, avait alors qualifié cette décision d'"erreur", estimant que le marché avait raison d'y voir davantage une tentative de manipulation des prix qu'une simple opération de liquidité. Selon lui, chercher à contenir artificiellement les taux longs risque d'éroder la crédibilité du marché des Treasuries et surtout de masquer le véritable problème : des déficits budgétaires et une dette fédérale trop importants. Il considère notamment le taux à 30 ans comme l'un des derniers mécanismes capables d'imposer une discipline budgétaire à Washington.
Les rendements obligataires ont progressé après l'annonce des 6 MdsUSD, tandis que le dollar DXY s'est fragilisé et que l'or comme le Bitcoin ont avancé, une réaction qui, pour le moment, semble avoir rendu contreproductive l'augmentation des rachats de Treasuries si l'objectif officieux était effectivement d'exercer une pression à la baisse sur les taux longs.