Le trafic va reprendre à Ormuz, fin de semaine en fanfare pour les Bourses européennes
information fournie par Zonebourse 17/04/2026 à 18:03

Pour cette dernière séance de la semaine, les principales places européennes qui évoluaient en ordre dispersé jusqu'en début d'après-midi, ont fini en nette progression, soutenues par l'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz.

Le DAX 40 à Francfort a terminé sur un gain de 2,25% et le FTSE 100 à Londres a progressé de 0,67%. De son côté, le CAC 40 a réussi à s'apprécier de 1,97%, à 8 425,13 points et à afficher un gain de 2% sur la semaine, ce qui lui a permis de signer une 4e hausse hebdomadaire depuis fin février et le début de la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran.

Bilan du comportement des principaux indices depuis le début de la guerre

D'ailleurs, la veille des premiers échanges de tirs entre les belligérants, le CAC 40 était à 8 580,75 points, ce qui signifie qu'il n'a pas encore rattrapé toutes ses pertes et accuse encore un retard de 1,81%. La situation est la même pour le DAX 40 à Francfort qui cède 2,31% depuis le 27 février au soir, ou pour le FTSE 100 qui affiche un repli de 2,29% sur la même période.

A l'inverse, aux Etats-Unis, les principaux indices ont enchaîné les séances de hausse cette semaine et certains, comme le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont battu de nouveaux records historiques et affichent des gains respectifs de 3,60 et 8% depuis le début de la guerre au Moyen-Orient (en comptant leur belle hausse du jour). De son côté, le Dow Jones avance de 1,15% sur la même période, un bilan devenu positif grâce à sa performance du jour.

Les faits de la semaine

Au cours des derniers jours, les marchés actions ont pu entamer une phase d'ascension, soutenus par l'arrêt des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, l'espoir qu'une deuxième session de négociations se tiennent entre les deux pays, mais aussi par le fragile cessez-le-feu entre Israël et le Liban, qui pourrait permettre aux deux pays de se rencontrer à Washington, une première depuis des décennies.

Mais la principale information et "market mover" a été l'annonce, ce vendredi, par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, que le détroit d'Ormuz était désormais "pleinement ouvert à la navigation commerciale". Le responsable a précisé que le trafic maritime emprunterait les routes coordonnées par l'Organisation iranienne des ports et des affaires maritimes. Cette annonce intervient dans le cadre des accords de cessez-le-feu au Liban.

De son côté, Donald Trump a salué cette mesure, tout en indiquant que "le blocus naval restera pleinement en vigueur et maintenu en ce qui concerne l'Iran, uniquement, jusqu'à a ce que notre transaction avec l'Iran soit complètement terminée à 100%. Ce processus devrait aller très vite étant donné que la plupart des points sont déjà négociés". Il a également ajouté que "l'Iran avec l'aide des Etats-Unis, a retiré, ou est en train de retirer, toutes les mines marines". Enfin, selon Bloomberg, le locataire de la Maison-Blanche a également précisé que l'Iran avait accepté une suspension illimitée de son programme nucléaire.

Face à cette actualité, les prix du baril de pétrole sont en très forte baisse. Le WTI à New York chute 12,70%, à 81,43 dollars, et le Brent de la mer du Nord perd 9,32%, à 89,20 dollars, leur permettant de revenir sur leurs niveaux du début du mois de mars, lorsque les intervenants pensaient que le conflit serait bref.

La conséquence a été immédiate sur les actions concernées. Les producteurs de pétrole ont subi de lourds dégagements à l'image de TotalEnergies qui a perdu 5,25%. A l'inverse, du côté des groupes de transport aérien, dont 30% des coûts d'exploitation sont liés au prix du kérosène, l'heure était à la fête. Air France-KLM a notamment bondi de 7,41%.

Sur le marché des devises, l'euro remonte face au billet vert ( 0,18%), il se négocie contre 1,1804 dollar.

Du côté de la macro et de la micro-économie

Toutefois la récente hausse des cours de l'or noir a eu, sans surprise, des répercussions sur la hausse des prix. Cette semaine, les investisseurs ont pris connaissance des chiffres de l'inflation française et de la zone euro qui ont dans l'ensemble progressé plus que prévu, en raison des prix de l'énergie et notamment du pétrole. L'action des banques centrales pour juguler l'inflation sera déterminante dans les mois à venir.

La diminution des hostilités et la perspective de négociations entre les différents acteurs du conflit ont permis aux investisseurs de se consacrer sur les fondamentaux. Le rythme des publications d'entreprises commence à accélérer. Aux Etats-Unis, plusieurs grandes banques ont dévoilé des comptes particulièrement flatteurs, notamment pour Morgan Stanley, Bank of America et JP Morgan.

En France, les investisseurs ont retenu les contreperformances des acteurs du secteur du luxe comme Kering et Hermès qui ont été lourdement sanctionnés après la publication de leur chiffre d'affaires du premier trimestre.

Ce vendredi, impossible de ne pas parler de la chute d'Alstom qui a terminé la journée sur un violent décrochage de 27,15%. Selon ses résultats préliminaires, le groupe a annoncé une baisse de sa marge d'exploitation, mais surtout par l'abandon de l'objectif d'un cash-flow libre cumulé de 1,5 milliard d'euros sur les trois exercices de 2024-2025 à 2026-2027. En outre, la prévision à moyen terme d'une marge d'exploitation ajustée de 8 à 10% ne sera pas atteinte à l'horizon de l'exercice 2026-2027.

Toujours en France, Bouygues cède ce soir de 0,19%, alors qu'Orange a perdu 5,28%, c'est la plus forte baisse du CAC 40. Avec Free-Groupe iliad, les deux opérateurs en télécommunications ont remis une nouvelle offre et entrent en négociations exclusives avec Altice France en vue de l'acquisition de SFR. L'offre porte sur un montant total de 20,35 milliards d'euros de valeur d'entreprise.