Le Tchad remet à la CPI un Centrafricain accusé de crimes contre l'humanité information fournie par Reuters 14/03/2022 à 22:14
AMSTERDAM, 14 mars (Reuters) - Soupçonné de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui auraient été commis en République centrafricaine en 2013 et 2014, Maxime Jeoffroy Eli Mokom Gawaka, un dirigeant de la milice "Anti-Balaka", a été remis lundi à la Cour pénale internationale (CPI) par les autorités tchadiennes.
"La Chambre a trouvé des motifs raisonnables de croire que M. Mokom, (...) était un Coordonnateur National des Opérations des Anti-Balaka et, à ce titre, est suspecté d'être responsable" (...) "de crimes contre l'humanité" et de "crimes de guerre", indique la CPI dans un communiqué.
"M. Mokom est suspecté d'avoir commis ces crimes conjointement avec d'autres et/ou par l'intermédiaire d'autres personnes dans le cadre d'une politique visant à cibler la population musulmane et d'autres personnes perçues comme soutenant la Séléka ou comme étant des « étrangers » à Bangui et dans l'ouest de la RCA ; ou d'avoir ordonné, sollicité ou encouragé la commission ou la tentative de commission de ces crimes."
Ces violences à caractère ethnique et confessionnel ont débuté début 2013 lorsque les rebelles de la Séléka ont renversé le président François Bozizé.
Les miliciens chrétiens anti-Balaka ont répliqué, et le cycle des exactions et des représailles a déplacé un cinquième de la population, tandis que l'armée française et les casques bleus de l'Onu intervenaient pour tenter de stopper les effusions de sang.
(Bart Meijer et Stephanie van den Berg; version française Nicolas Delame)