* Une IPO pourrait avoir lieu d'ici la fin du 3e trimestre
* Une vente n'est pas exclue
* Toshiba cherche à céder des actifs
(Actualisé avec déclarations du directeur général sur la piste
alternative d'un rachat, précisions)
par John Miller
ZURICH, 3 juillet (Reuters) - Le fabricant suisse
d'appareils de mesure Landis+Gyr envisage de s'introduire en
Bourse d'ici la fin du troisième trimestre alors que son
propriétaire actuel, le conglomérat japonais Toshiba 6502.T ,
est à la recherche de fonds pour couvrir les pertes de sa
filiale nucléaire aux Etats-Unis, Westinghouse.
Dans le cadre d'une IPO, Toshiba et le fonds adossé à l'Etat
japonais, Innovation Corporation Network of Japan (ICNJ),
vendraient l'intégralité de leur participation dans l'entreprise
suisse, a annoncé cette dernière dans un communiqué, en
précisant qu'elle serait cotée à Zurich.
Son directeur général, Richard Mora, a toutefois déclaré que
la piste alternative d'un rachat par une autre société n'était
pas écartée.
Reuters a rapporté en juin que la liste des acquéreurs
potentiels pour Landis+Gyr avait été réduite à deux noms, la
branche de capital-investissement de Goldman Sachs GS.N et le
canadien Onex ONEX.TO .
Toshiba avait auparavant repoussé une approche de près de 2
milliards de dollars (1,75 milliard d'euros) pour Landis+Gyr de
la part de CVC Capital Partners et Hitachi 6501.T , a rapporté
Reuters en mai.
"Aucune décision n'a été prise en ce qui concerne soit une
IPO soit une vente (...)", a dit Richard Mora lors d'une
conférence téléphonique, en refusant d'estimer le montant qu'une
IPO permettrait de lever.
PERTE MULTIPLIÉE PAR CINQ
Une source proche du dossier a dit à Reuters qu'une
introduction en Bourse était "le scénario le plus probable".
Itron ITRI.O , concurrent américain de Landis+Gyr réalisant
un bénéfice brut (Ebitda) d'un peu plus de 200 millions de
dollars à peu près identique à celui de l'entreprise suisse,
présente une capitalisation boursière de 2,6 milliards de
dollars.
Landis+Gyr a vu sa perte nette multipliée par cinq sur le
dernier exercice, à 62,1 millions de dollars. Il cherche à
attirer les investisseurs avec une politique de dividende qu'il
qualifie lui-même d'"attractive" en promettant de reverser au
moins 70 millions de dollars à ses actionnaires en 2018 et 60%
de sa génération de trésorerie ensuite.
"Nous pensons que notre politique post-IPO de retour aux
actionnaires est attractive et viable", a dit Richard Mora.
Les appareils de mesure permettent aux particuliers et aux
groupes de service aux collectivités ("utilities") de surveiller
et de gérer la consommation d'électricité, de gaz et d'eau.
Le secteur a connu une vague de consolidation depuis deux
ans avec notamment le rachat de Sensus par Xylem XYL.N pour
1,7 milliard de dollars et l'acquisition d'Elster, une filiale
de Melrose Industrie, par Honeywell HON.N en 2016.
La diffusion des appareils de mesure a été entravée ces
dernières années par un manque de normes, par l'incertitude
autour du futur cadre législatif relatif à leur utilisation et
par la méfiance des consommateurs.
Toshiba, de son côté, s'efforce de céder des actifs, en
particulier sa lucrative division de puces mémoire, dont il
espère tirer 2.000 milliards de yens (15,57 milliards d'euros),
pour surmonter ses difficultés financières liées à Westinghouse
et à un scandale comptable.
(Avec Joshua Franklin; Bertrand Boucey pour le service
français)