Le secteur pétrolier et gazier de l'Iran
information fournie par Reuters 18/03/2026 à 16:58

Voici des éléments sur le secteur énergétique iranien, ses exportations et les sanctions à son encontre, après les attaques rapportées mercredi par l'agence Tasnim contre des installations de South Pars et à Asaluyeh:

PRODUCTION ET INFRASTRUCTURES PÉTROLIÈRES

L'Iran, troisième producteur au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), exporte 90% de son brut via l'île de Kharg, où sont chargés des pétroliers qui quittent ensuite le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Entre le 28 février, date des premiers bombardements israélo-américains, et le 11 mars, l'Iran a exporté entre 1,1 et 1,5 million de barils par jour (bpj), selon les données de TankerTrackers.com et Kpler, spécialistes du suivi de l'activité des pétroliers.

Il fournit environ 4,5% du marché mondial. Sa production est d'environ 3,3 millions de bpj de brut auxquels s'ajoutent 1,3 million de bpj de condensats et d'autres produits.

Ses raffineries ont une capacité de 2,6 millions de bpj, selon le cabinet FGE.

En 2025, il a exporté près de 820.000 bpj de carburant, dont du GPL, selon Kpler, soit un peu moins qu'en 2024.

Les sites iraniens d'extraction de pétrole et de gaz se situent essentiellement dans les provinces du sud-ouest du pays: Khuzestan pour le pétrole et Bushehr pour le gaz et les condensats obtenus du gisement de South Pars.

QUI ACHÈTE DU PÉTROLE IRANIEN ?

Les principaux acheteurs sont des entreprises privées chinoises de raffinage. Le Trésor américain a imposé des sanctions à certaines d'entre elles pour ces achats de pétrole iranien.

La Chine dit ne pas reconnaître les sanctions unilatérales imposées à ses partenaires commerciaux mais ses achats de brut iranien ont baissé.

Afin de protéger ses stocks en prévision de possibles frappes américaines, l'Iran a aussi accumulé un volume record de pétrole stocké en mer, environ 200 millions de barils, soit l'équivalent d'environ deux jours de consommation mondiale, selon des données de Kpler publiées le 27 février.

L'Iran tente depuis des années de contourner ces sanctions par diverses méthodes, notamment en transférant le pétrole d'un navire à un autre en pleine mer, en modifiant l'origine de la cargaison et en empêchant la localisation des navires par satellite.

LES PLUS GRANDES RÉSERVES DE GAZ AU MONDE

L'Iran extrait du gaz naturel du gisement en mer de South Pars, qui représente environ un tiers de la plus grande réserve mondiale connue.

L'Iran partage cette réserve avec le Qatar, qui l'appelle North Dome.

Les sanctions et des contraintes techniques font que l'essentiel du gaz extrait de South Pars est destiné au marché intérieur.

La production totale de gaz de l'Iran s'est établie à 276 milliards de mètres cubes en 2024, dont 94% ont été destinés à la consommation intérieure, selon les données du Forum des pays exportateurs de gaz.

Israël a bombardé en juin dernier quatre unités de la phase 14 de South Pars, à environ 200 km des installations du Qatar, qui sont pour la plupart issues de coentreprises avec les géants américains ExxonMobil et ConocoPhillips.

Depuis près de 30 ans, le Qatar a engrangé des centaines de milliards de dollars en exportant son gaz naturel liquéfié.

La vaste réserve partagée par les deux pays est estimée à 50.000 milliards de mètres cubes de gaz utilisable, soit suffisamment pour couvrir les besoins du monde entier pendant 13 ans.

(Andrew Mills, Federico Maccioni, Dmitry Zhdannikov, Ahmad Ghaddar et Alex Lawler, version française Bertrand Boucey, édité par Benoit Van Overstraeten)