Le secteur du luxe freiné davantage par des mesures fiscales en Chine information fournie par Reuters 09/10/2026 à 08:09
par Tassilo Hummel et Sophie Yu
Le tour de vis enclenché par la Chine pour lutter contre l'évasion fiscale des plus fortunés est devenu un motif supplémentaire d'inquiétude pour les enseignes de luxe, lesquelles font déjà face aux répercussions de la guerre en Iran et à un ralentissement de la consommation aux Etats-Unis.
Cette situation devrait peser sur les résultats trimestriels du secteur, qui seront communiqués à partir de la semaine prochaine, et renforcer la crainte que le luxe, au ralenti depuis trois ans, ne retrouvera pas facilement son lustre d'auparavant.
Depuis le début de l'année, les actions de LVMH et de Hermes ont chuté d'environ 40% pour s'établir à des creux de plusieurs années.
Kering, propriétaire de la marque Gucci, a pour sa part cédé 29%, illustrant le pessimisme accru des investisseurs à propos du secteur du luxe, qui pèse 350 milliards de dollars.
En Chine, la nouvelle réglementation fiscale mise en place par Pékin exige de ceux utilisant des comptes offshore qu'ils déclarent ces actifs avant le 22 octobre et versent des arriérés d'impôts à hauteur de 20%.
Cela laisse entrevoir un possible ralentissement des dépenses dans l'un des marchés cruciaux du luxe - les consommateurs chinois représentent environ un cinquième des achats mondiaux du secteur, même si la demande locale a nettement reculé depuis la crise du COVID.
"Jusqu'à la date butoir pour payer cet impôt, certains pourraient être confrontés à des problèmes de liquidités", a commenté Alexis Bonhomme, directeur de la firme de conseil du luxe Trinity Asia, basée à Shanghaï, notant que les Chinois les plus fortunés s'étaient auparavant montrés plus résilients que les consommateurs de la classe moyenne, affectés par la crise prolongée du secteur immobilier.
"Cela ne veut pas dire qu'ils ne vont pas effectuer des achats, mais dans l'immédiat, le moral n'y est pas", a-t-il ajouté.
Dans une note, les analystes de Bernstein ont déclaré que les données des centres commerciaux en Chine continentale indiquaient une "nette décélération de la croissance".
LVMH donnera lundi le coup d'envoi des résultats du secteur du luxe; les analystes s'attendent à une hausse de 1% sur un an des ventes trimestrielles du groupe français.
Kering et Hermes publieront leurs résultats le 22 octobre. Kering a déjà averti sur les résultats de Gucci, ce qui a déclenché plusieurs recommandations à la baisse pour son titre.
(Tassilo Hummel à Paris, Sophie Yu à Pékin, Version française Jean Terzian, édité par Benoit Van Overstraeten)