Le secteur du luxe consolide, Deutsche Bank se dit circonspect
information fournie par Zonebourse 12/08/2026 à 10:30

Les valeurs du luxe souffrent ce mercredi à la Bourse de Paris dans le sillage de commentaires prudents des analystes de Deutsche Bank, qui déplorent l'absence de nouveaux éléments moteurs pour le secteur après une saison des résultats de 2ème trimestre plutôt réussie.

Dans une note sectorielle diffusée dans la matinée, la banque allemande estime que les publications du trimestre écoulé n'ont apporté qu'une amélioration très limitée du sentiment de marché en confirmant l'existence de trois facteurs toujours de nature à peser sur la croissance des acteurs du secteur.

L'établissement germanique retient (1) l'absence d'amélioration significative de la demande en Chine, (2) la pression continue qui s'exerce sur le pouvoir d'achat de la clientèle issue de la classe moyenne, c'est-à-dire les consommateurs "aspirationnels", et (3) l'impact toujours négatif de la situation géopolitique tendue au Moyen-Orient.

"Il existe selon nous, un manque de catalyseurs pour que ces pressions s'atténuent", prévient DB, qui ajuste dans la foulée ses objectifs de cours sur plusieurs grandes valeurs du secteur.

Des objectifs de cours globalement revus à la baisse

Si les analystes maintiennent leur recommandation d'achat sur Hermès, ils abaissent leur cible sur le sellier de 2 320 à 1 920 euros, tout comme leur objectif sur le titre LVMH (achat), ramené de 600 euros à 590 euros.

Concernant Kering, Deutsche Bank rehausse son objectif de 280 euros à 295 euros, tout en maintenant sa recommandation à conserver.

Faute d'éléments porteurs à l'horizon, le secteur est appelé à se polariser davantage, prévient la banque, qui estime que seules les marques ciblant le très haut de gamme (Richemont, Brunello Cucinelli) ou les dossiers de redressement spéculatifs (Burberry) parviendront à s'en sortir.

Sur Moncler, DB renouvelle sa recommandation conserver, avec un objectif réduit de 58 euros à 57 euros. Son conseil sur Ermenegildo Zegna reste par ailleurs à l'achat, avec une cible relevée de 14 dollars à 16 dollars.

Les prises de profits s'imposent

Grâce à une série de publications meilleures que prévu et à l'effet richesse créé par le boom de l'IA, l'indice STOXX Europe Luxury 10 avait repris près de 15% depuis ses planchers du début du mois de mai.

Mais les incertitudes structurelles soulevées aujourd'hui par les équipes de Deutsche Bank motivaient des prises de bénéfices appuyées ce mardi sur les places européennes. Kering cède 3,1%, EssilorLuxottica 2,8% et Burberry 2,4%, signant ainsi quelques unes des plus fortes baisses de l'indice STOXX Europe 600.

A Paris, Hermès lâchait pas loin de 2%, suivi de près par LVMH en recul de 1,8%.