Le second tour de l'élection présidentielle s'annonce serré au Pérou information fournie par Reuters 07/06/2026 à 12:28
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Les Péruviens votent dimanche pour un second tour de l'élection présidentielle qui se terminera par la poursuite d'une politique de droite ou bien l'élection d'un candidat de gauche qui inquiète les marchés.
Les électeurs doivent choisir entre la conservatrice Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, condamné à la prison pour violations des droits de l'homme, et le candidat de gauche Roberto Sanchez, connu pour être coiffé d'un chapeau de cow-boy et défenseur de la ruralité, dans les pas de l'ancien président aujourd'hui emprisonné Pedro Castillo.
Les candidats sont au coude à coude dans les sondages.
Le Chili, l'Argentine, le Costa Rica et l'Équateur ont tous élu des présidents de droite lors des dernières élections, et la Bolivie a mis fin à deux décennies de régime socialiste lors de l'élection présidentielle l'année dernière.
Selon les enquêtes d'opinion, les électeurs péruviens sont très préoccupés par la montée de la criminalité. Les taux d'homicides et d'extorsion ont explosé, provoquant des manifestations et la destitution de l'ancienne présidente Dina Boluarte.
Keiko Fujimori, qui a tenté de se démarquer des politiques autoritaires et répressives de son père, est arrivée en tête au premier tour des élections en avril.
"Nous nous souvenons de l'héritage de son père, qui a bâti un bon gouvernement. Il a mis fin au terrorisme et à l'hyperinflation", a déclaré Willy Policarpo, 44 ans, travailleur indépendant et fervent partisan de Fujimori, venu de la région centrale de Huancayo pour assister à la clôture de la campagne de la candidate.
C'est la quatrième fois que Keiko Fujimori est finaliste d'une élection présidentielle. En 2021, elle a perdu face à Pedro Castillo à 45.000 voix près, soit un peu plus de 0,2 %.
Roberto Sanchez espère gagner en se concentrant sur l'autre grand problème du Pérou : les inégalités et le fossé socio-économique entre la capitale Lima et les régions rurales.
Son programme promet des réformes ambitieuses, comprenant une nouvelle constitution, une refonte des concessions minières et une augmentation des investissements dans les régions rurales.
Ses propositions ont notamment trouvé un écho favorable auprès du secteur minier informel en pleine expansion, mais provoqué des remous sur les marchés. La bourse péruvienne a chuté vendredi, sa candidature gagnant du terrain dans les sondages.
Les tensions sont vives et le premier tour a donné lieu à des accusations de fraude et à des menaces de manifestations de part et d'autre. Le vainqueur devra également composer avec un Congrès divisé qui a destitué trois présidents ces cinq dernières années.
Les bureaux de vote ouvrent à 07h00 (12h00 GMT) et ferment à 17h00 (22h00 GMT). Les premiers résultats sont attendus dans les trois heures, mais le dépouillement officiel peut prendre plusieurs semaines.
(Reportage d'Alexander Villegas et Marco Aquino ; version française Elizabeth Pineau)