Le projet visant à se passer des technologies chinoises coûterait plus de €350 mds au bloc, selon une étude chinoise
information fournie par Reuters 06/05/2026 à 15:19

Huawei à la conférence VivaTech à Paris

Les propositions de l'Union ‌européenne (UE) visant à renforcer la cybersécurité en supprimant progressivement les équipements ​provenant de fournisseurs chinois risquent de coûter plus de 350 milliards d'euros au bloc au cours des cinq prochaines années, a déclaré mercredi la ​Chambre de commerce de Chine auprès de l'UE (CCCEU).

Une étude réalisée pour le CCCEU par le ​cabinet d'audit et de conseil KPMG ⁠indique que le remplacement forcé des fournisseurs chinois dans 18 secteurs ‌critiques coûterait au bloc européen 367,8 milliards d’euros entre 2026 et 2030.

D'après le rapport, l’UE devrait remplacer du matériel, ​déprécier des actifs et ‌faire face à une baisse d’efficacité et à un ⁠retard dans la numérisation.

Deux des secteurs les plus touchés seraient l'énergie et les télécommunications, piliers des transitions numérique et verte prévues par l'UE.

Six ⁠pays de l'UE ‌subiraient des pertes de plus de 10 milliards d'euros, à ⁠savoir l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, la Pologne et les Pays-Bas. ‌Pour l'Allemagne, la facture s'élèverait à 170,8 milliards d'euros.

En ⁠vertu des nouvelles règles de cybersécurité, l'UE prévoit de ⁠supprimer progressivement les ‌composants et équipements provenant de fournisseurs "à haut risque" dans les secteurs critiques, ​une mesure critiquée par le géant ‌chinois des télécommunications Huawei, qui devrait figurer parmi les entreprises concernées.

Les gouvernements de l'UE et ​le Parlement européen en sont aux premières étapes du long processus législatif nécessaire pour que ces nouvelles mesures entrent en vigueur.

Pékin ⁠souhaite que les clauses définissant les "pays posant des problèmes de cybersécurité" et les "risques élevés" soient supprimées des mesures proposées et a menacé la semaine dernière de prendre des contre-mesures à l’encontre de l’UE si des modifications substantielles n’étaient pas apportées.

(Rédigé par Philip Blenkinsop ; version française Coralie Lamarque, ​édité par Blandine Hénault)