Le pétrole s'envole sur fond de guerre au Moyen-Orient
information fournie par Zonebourse 02/03/2026 à 07:02

Les cours du brut ont bondi lundi, portés par l'intensification du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran. Les marchés redoutent une perturbation durable de l'offre, notamment dans le détroit d'Ormuz, un point de passage clé pour le commerce mondial d'hydrocarbures. La perspective d'un choc d'approvisionnement ravive aussi le risque inflationniste.

Le Brent a grimpé de plus de 6% autour de 77,57 USD le baril, lundi matin, pendant que le brut léger américain WTI progressait dans les mêmes proportions, à 71,10 USD. Le Brent a même fait une brève incursion à 82 USD, qui constitue son nouveau record à court terme.

Cette flambée reflète la crainte d'une escalade militaire appelée à durer. Donald Trump a estimé que le conflit pourrait se prolonger quatre semaines et affirmé que les frappes continueraient jusqu'à ce que les objectifs américains soient atteints. En face, l'Iran a riposté par des tirs de missiles, faisant planer le risque d'un embrasement régional. Mais Téhéran a fait savoir que la porte reste ouverte à des négociations. De son côté, Donald Trump a révélé à The Atlantic qu'il avait donné son aval à une reprise des discussions.

Perturbations sur le brut, le GNL et les produits raffinés

En attendant, tous les regards se tournent vers le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial acheminé par mer, soit près de 15 millions de barils par jour. C'est aussi un exutoire majeur pour le GNL et les distillats moyens. Si la voie n'est pas bloquée, des pétroliers s'accumulent aux abords du passage, inquiets pour leur sécurité et leur assurance. Plusieurs transporteurs ont fait état de perturbations.

"Pour les marchés du gaz, l'impact réel se fera sentir sur les prix du GNL en Europe et en Asie", souligne Warren Patterson, en charge de la stratégie sur les matières premières chez ING, qui rappelle qu'environ 20% de l'approvisionnement mondial en GNL est menacé, dans un marché qui reste tendu, même si la saison de chauffage en Europe touche à sa fin.