Le pétrole rallume la mèche sur les marchés obligataires information fournie par AOF 22/07/2026 à 21:49
(Zonebourse.com) - Les marchés obligataires mondiaux subissent une nouvelle vague de ventes, qui pousse les rendements souverains vers des niveaux rarement observés depuis la crise financière.
Le taux américain à dix ans remonte autour de 4,63%, à quelques points de base de son sommet annuel de 4,668%, tandis que son équivalent britannique dépasse de nouveau 5%. En zone euro, le Bund allemand flirte avec son sommet de mai à 3,18%, près d'un plus haut de quinze ans, et l'OAT française approche 4%. Au Japon, le rendement à dix ans atteint 2,74%, après avoir inscrit début juillet un sommet de trente ans à 2,90%.
Le principal catalyseur est le nouveau choc pétrolier provoqué par l'escalade militaire entre les Etats-Unis et l'Iran depuis deux semaines. Le Brent a brièvement dépassé 95 dollars le baril mercredi, contre environ 71 dollars au début du mois, soit une hausse de près de 30%. Aux perturbations persistantes dans le détroit d'Ormuz s'ajoutent désormais les menaces des Houthis contre les navires transportant du pétrole saoudien par la mer Rouge.
Si l'énergie n'entre pas directement dans le calcul de l'inflation sous-jacente, son renchérissement se diffuse progressivement aux coûts de transport, de production et aux anticipations de prix. Or l'inflation sous-jacente demeure déjà peu compatible avec un retour durable de l'inflation globale à 2%. Elle ressortait à 2,6% aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, à 2,4% dans la zone euro, tandis que les différentes mesures canadiennes évoluaient entre 1,8% et 2,6%. Au Japon, son ralentissement est contrebalancé par la faiblesse du yen, tombé à un plus bas de quarante ans, qui pourrait inciter la Banque du Japon à agir avec le Ministère des Finances japonais pour soutenir sa devise.
À cette pression cyclique s'ajoute une hausse plus structurelle de la prime de terme. Les déficits importants, l'augmentation des émissions obligataires et, dans certains pays, la diminution progressive des bilans des banques centrales poussent les investisseurs à exiger une rémunération plus élevée pour détenir des obligations à longue échéance. De nouveaux sommets des rendements américains, européens ou japonais ne seraient donc pas surprenants si le pétrole poursuit son ascension. Le mouvement pourrait toutefois s'inverser si le durcissement des conditions financières finissait par déplacer la principale crainte des marchés de l'inflation vers la récession.
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