Le patron de Deutsche Bank l'un des mieux payés du secteur en Europe
information fournie par Reuters 22/03/2019 à 15:52

    * Christian Sewing a reçu €7 mlns l'an dernier
    * Le directoire a perçu €55,7 mlns en 2018
    * Le total des primes en 2018 a baissé de 14%
    * Les coûts de contentieux devraient augmenter en 2019

 (Actualisé avec commentaires de responsables politiques et
réaction de Blackrock)
    par Tom Sims
    FRANCFORT, 22 mars (Reuters) - Les membres du directoire de
Deutsche Bank  DBKGn.DE  ont reçu leurs premières primes en
quatre ans et le président Christian Sewing s'est vu octroyer
sept millions d'euros de rémunération totale en 2018, faisant de
lui l'un des patrons les mieux payés du secteur bancaire
européen.
    La publication vendredi du rapport annuel de la banque
allemande sur les rémunérations intervient dans un contexte où
Deutsche Bank envisage de fusionner avec Commerzbank  CBKG.DE ,
ce qui, selon les syndicats, pourrait entraîner jusqu'à 30.000
suppressions d'emplois. 
    Christian Sewing, aux commandes de Deutsche Bank depuis
avril dernier, a conduit l'établissement à son premier bénéfice
en quatre ans. Il avait perçu 2,9 millions d'euros au titre de
2017, avant d'être nommé président du directoire. 
    Sa rémunération de 2018 est supérieure à celle de plusieurs
de ses homologues de grandes banques européennes, comme
Jean-Laurent Bonnafé de BNP Paribas  BNPP.PA  (environ 3,3
millions d'euros). 
    Elle est cependant inférieure à celle de Tidjane Thiam de
Credit Suisse  CSGN.S , qui a perçu 12,65 millions de francs
suisses (11,23 millions d'euros).
    
    LES PRIMES FONT DÉBAT EN ALLEMAGNE 
    Le directoire de Deutsche Bank a perçu une rémunération
totale, primes comprises, de 55,7 millions d'euros en 2018,
contre 29,8 millions d'euros un an auparavant, selon le rapport
annuel.
    Le total des primes pour 2018 s'est élevé à 1,9 milliard
d'euros, contre 2,3 milliards il y a un an, soit une baisse de
14%, en raison notamment d'une réduction des effectifs, a
déclaré Deutsche Bank.
    Le versement des primes fait débat en Allemagne car
l'opinion publique et de nombreux responsables politiques jugent
les salaires des dirigeants déjà très élevés.  
    Fabio De Masi, élu de Die Linke, une formation de gauche,
estime par exemple que quand une entreprise peut verser 1,9
milliard d'euros de primes, rien ne justifie de supprimer des
emplois.
    Gerhard Schick, activiste financier chez Finanzwende et
ancien membre du parlement allemand, se demande pour sa part si
les primes accordées par Deutsche Bank doivent être considérées
comme des encouragements en vue d'une bonne performance.  
    "Cela contribue à une vision globalement négative de la
banque, qui fait face à des scandales et veut apparemment se
lancer dans une mauvaise fusion", a-t-il déclaré.
    Un porte-parole de Deutsche Bank n'a pas souhaité
s'exprimer. 
    Un dirigeant de Blackrock, actionnaire de Deutsche Bank et
Commerzbank, a par ailleurs déclaré qu'une fusion entre les deux
banques "ne marcherait pas" si "l'objectif de cette opération
est d'essayer à nouveau de créer une grande banque
d'investissement inspirée du modèle américain".
    Deutsche Bank a aussi annoncé que ses coûts de contentieux
devraient être "considérablement plus élevés" en 2019 qu'en
2018.

 (Dominique Rodriguez et Claude Chendjou pour le service
français, édité par Benoît Van Overstraeten et Bertrand Boucey)