Le marché pétrolier pourrait entrer en "zone rouge" cet été, dit le directeur de l'AIE
information fournie par Reuters 21/05/2026 à 18:03

Le directeur exécutif de l'AIE, Birol, s'exprime lors d'une conférence de presse à Istanbul

Le début de la ‌saison estivale, caractérisée par une forte demande en carburant, conjugué à l'absence ​de nouvelles exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient et à l'épuisement des réserves, pourrait faire entrer le marché pétrolier en "zone rouge" cet été, a ​averti jeudi le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

"Nous pourrions entrer dans la zone rouge ​en juillet ou en août si nous ⁠ne constatons pas d'amélioration de la situation", a déclaré Fatih Birol ‌lors d'un discours à Chatham House, à Londres.

Les attaques contre les infrastructures énergétiques des pays producteurs du Golfe et la ​fermeture du détroit d'Ormuz ‌par l'Iran depuis fin février ont privé le marché ⁠de plus de 14 millions de barils par jour (bpj) d'approvisionnement en brut du Moyen-Orient, ce qui constitue la plus grave crise d'approvisionnement en pétrole ⁠de l'Histoire.

Fatih Birol ‌n'a pas précisé en quoi consisterait exactement une "zone rouge" mais ⁠a dit que l'excédent du marché pétrolier avant la guerre en Iran, ‌la mise sur le marché de 400 millions de barils ⁠provenant des réserves stratégiques et les prélèvements sur les ⁠réserves commerciales ne ‌suffisaient pas à résoudre la crise.

"La solution la plus importante est l'ouverture totale ​et inconditionnelle du détroit d'Ormuz", ‌a-t-il dit.

La libération coordonnée des réserves stratégiques par l'AIE, la plus importante de ce type jamais ​réalisée, alimente désormais le marché à un rythme compris entre 2,5 et 3 millions de barils par jour, a indiqué le directeur ⁠de l'agence.

À ce rythme, les dernières quantités mises sur le marché arriveront début août, selon les estimations de Reuters, ce qui coïncide avec la "zone rouge" évoquée par Fatih Birol.

L'AIE est prête à coordonner de nouvelles libérations des réserves stratégiques si nécessaire, a-t-il ajouté.

(Reportage Robert Harvey, version française Diana Mandia, ​édité par Sophie Louet)