Le Japon veut réorienter les fonds de pension publics vers des actifs nationaux information fournie par Reuters 10/07/2026 à 11:19
par Makiko Yamazaki et Leika Kihara
La ministre japonaise des Finances a déclaré vendredi que l'objectif du gouvernement était d'orienter les fonds de pension publics du pays vers une augmentation "substantielle" des investissements dans des actifs nationaux.
"Nous souhaitons mettre en oeuvre des mesures qui encourageraient les fonds de pension, y compris le GPIF, à investir de manière nettement plus importante dans les actifs financiers japonais", a déclaré Satsuki Katayama lors d'une conférence de presse.
Le GPIF japonais, le plus grand fonds de pension public au monde, gérait 293.600 milliards de yens (1.570 milliards d'euros) d'actifs à fin mars, et tout changement dans sa stratégie de portefeuille aurait des répercussions sur l'ensemble des marchés financiers mondiaux.
Les déclarations de la ministre soulignent à quel point Tokyo cherche de toute urgence des moyens de stabiliser les marchés, les responsables japonais étant confrontés à des interrogations croissantes concernant les pressions inflationnistes, la stabilité des marchés des changes et de la dette souveraine, ainsi qu'aux craintes liées aux perspectives budgétaires du pays.
Le GPIF maintient actuellement une répartition plus ou moins équilibrée entre les actions et les obligations nationales et étrangères.
Son portefeuille a fait l'objet d'une profonde restructuration en 2014 sous le mandat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe, ce qui a permis d'augmenter ses positions en actions et autres actifs plus risqués.
Plus récemment, en 2020, le GPIF a porté sa part d'obligations étrangères de 15% à 25% et réduit celle des obligations nationales à faible rendement de 35% à 25%.
Un porte-parole du GPIF a refusé de commenter les propos de Satsuki Katayama.
Le GPIF a pour mandat d'investir exclusivement dans l'intérêt des bénéficiaires des retraites et ne peut pas utiliser ses actifs pour servir les objectifs politiques du gouvernement.
"Ce n'est pas une décision que je peux prendre seule, mais le gouvernement s'efforcera de discuter de cette question tout en recherchant un consensus en interne", a déclaré Satsuki Katayama.
La perspective de voir le GPIF injecter davantage de capitaux dans des obligations libellées en yens et d'autres actifs nippons a entraîné vendredi une appréciation du yen, qui s'est pourtant fortement affaibli ces derniers mois, ainsi que des obligations d'État japonaises.
(Reportage de Makiko Yamazaki et Leika Kihara ; avec la contribution de David Dolan, Satoshi Sugiyama, Tamiyuki Kihara et Rae Wee ; version française Diana Mandia, édité par Sophie Louet )