Le FMI met en garde contre les aides aux carburants dans un contexte de crise énergétique information fournie par Reuters 15/04/2026 à 15:35
La guerre au Moyen-Orient a exacerbé les tensions dans un contexte budgétaire mondial déjà fragile et qui pourrait être encore affecté davantage par les subventions aux carburants destinées à contrer la crise énergétique, a déclaré mercredi le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport de surveillance budgétaire,
Rodrigo Valdés, directeur du département des finances publiques du FMI, estime lors d'une interview accordée à Reuters que les pays devraient renoncer aux subventions sur les carburants, mises en places pour aider leurs citoyens à faire face à la hausse du prix du pétrole et à l'augmentation des cours de l'énergie qui en découle.
Des transferts monétaires ciblés et temporaires, qui ne masquent pas la hausse des prix, seraient une bien meilleure option, affirme-til.
"Nous n'avons pas de pétrole. Nous n'avons pas d'énergie. L'énergie doit coûter plus cher à tout le monde, afin que l'ajustement se produise et que nous consommions moins", a-t-il déclaré.
Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé mardi sa prévision de croissance pour l'économie mondiale, invoquant la flambée des prix de l'énergie et les perturbations de l'approvisionnement causées par la guerre en Iran.
L'institution a également mis en garde contre un risque de récession si le conflit au Moyen-Orient venait à s'aggraver et si le prix du pétrole restait supérieur à 100 dollars le baril jusqu'en 2027.
"C'est un choc mondial et si les pays étouffent le signal des prix, le prix mondial augmentera… Il est crucial d'émettre des signaux de prix pour que la demande puisse s'ajuster", a-t-il souligné.
Une fois la situation stabilisée, a-t-il également déclaré, il est essentiel que les pays continuent de se concentrer sur les défis à long terme, car la dette publique continue d'augmenter en raison de la hausse des dépenses permanentes consacrées aux programmes sociaux ou de la baisse des recettes, en particulier dans certaines des plus grandes économies.
La dette publique mondiale a atteint 93,9% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, contre 92% un an plus tôt, et devrait atteindre 100% du PIB d'ici 2029, un an plus tôt que prévu il y a un an seulement, montre le dernier rapport du FMI sur la situation budgétaire.
Les paiements d'intérêts ont également fortement augmenté, atteignant près de 3% du PIB en 2025, contre 2% il y a quatre ans, a indiqué le FMI.
Rodrigo Valdes souligne que les pays devaient commencer à travailler à la consolidation budgétaire une fois la crise immédiate résolue.
"Certains pays prennent cela au sérieux, mais pour beaucoup d'autres, nous ne voyons pas encore de plan clairement défini", a-t-il déclaré, ajoutant que même ceux qui ont des plans ont encore du travail à accomplir.
Les gouvernements des pays à travers le monde s'efforcent de protéger les consommateurs et les industriels contre la flambée des coûts énergétiques résultant du conflit.
En France, le gouvernement envisage de plafonner les marges des distributeurs de carburant, a annoncé mardi le ministère des Finances, précisant avoir transmis un projet de décret en ce sens au Conseil national de la Consommation (CNC).
Jusqu'ici, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu une politique d'aides sectorielles ciblées et annoncé un doublement des aides pour passer à l'électrique, refusant toute mesure globale pour limiter la hausse des prix de l'essence.
La coalition au pouvoir en Allemagne a pour sa part annoncé cette semaine une réduction de la taxe sur le diesel et l'essence pour une période de deux mois afin d'alléger la facture énergétique des consommateurs et des entreprises.
(Reportage Andrea Shalal, version française Diana Mandia)