Le FMI cite l'IA et les taux parmi les risques pour les marchés
information fournie par Zonebourse 13/10/2026 à 08:27

Le Fonds monétaire international a appelé mardi les marchés financiers à ne pas céder à la "complaisance". Dans son Rapport sur la stabilité financière dans le monde, il cite une correction liée à l'intelligence artificielle, une envolée des rendements obligataires et une cyberattaque majeure parmi les "catalyseurs plausibles à court terme" que les autorités devraient surveiller.

Pris isolément, ces risques ne menacent pas nécessairement la stabilité financière, précise l'institution. Ils pourraient en revanche devenir systémiques s'ils rencontrent des vulnérabilités sous-jacentes. Le niveau de risque global reste élevé.

L'IA, premier risque cité

Le FMI estime qu'un essoufflement des bénéfices ou des investissements liés à l'IA provoquerait une correction des prix des actifs concernés, susceptible de se propager à l'ensemble des marchés. Il relève des "signes de plus en plus nombreux" que ces capacités pourraient nécessiter moins d'investissements que prévu, ou produire des gains économiques inférieurs aux attentes.

L'effet de levier du secteur amplifierait le choc en déclenchant des ventes forcées. Les hyperscalers représentent désormais 10% des émissions mondiales d'obligations investment grade, contre moins de 1% en 2024. "Les conséquences d'une correction de l'IA pourraient être mondiales", écrit le Fonds, qui invite les autorités à limiter le recours excessif aux produits dérivés et aux prêts sur marge.

Le rapport note que les investissements dans l'IA ont jusqu'ici compensé les effets négatifs de la guerre au Moyen-Orient et de l'incertitude entourant les politiques publiques.

Taux et cyberattaques

Les risques obligataires se sont aggravés depuis le rapport d'avril. La hausse des prix de l'énergie a poussé les rendements souverains vers le haut, et les banques centrales pourraient devoir relever leurs taux directeurs pour lutter contre l'inflation. Les États qui renouvellent leur dette à court terme en paieraient la facture. Le FMI ajoute que des investisseurs plus sensibles aux prix et une liquidité dégradée accentueraient le mouvement, alors que la dette souveraine atteint des niveaux historiquement élevés et que les déficits budgétaires des grandes économies ne sont pas réglés. Les marchés ont pourtant bien résisté jusqu'ici. Les fonds spéculatifs ont dénoué une partie de leurs emprunts adossés à des pensions livrées sans provoquer de turbulences.

Le troisième risque est informatique. Dans plus de 70% des cas recensés en 2026, les éditeurs de logiciels n'ont disposé de presque aucun délai pour corriger une vulnérabilité avant son exploitation, en hausse de 20 points de pourcentage sur un an. Une attaque majeure sur un service critique ou un établissement financier saperait la confiance, avec des répercussions rapides sur l'ensemble des marchés.

Les tests de résistance du Fonds montrent des coussins de fonds propres solides, même dans un scénario associant ralentissement de l'IA et marché obligataire fragile. L'institution relève néanmoins des "poches de faiblesse". Des banques représentant 22% des actifs bancaires mondiaux ressortent avec des fonds propres jugés faibles, contre 18% lors de l'exercice de 2025.

Dans ses Perspectives de l'économie mondiale publiées le même jour, le FMI a relevé sa prévision de croissance mondiale à 3,1% pour 2026, après 3,5% en 2025. La zone euro est attendue à 1,1%, l'Allemagne à 1,3%, l'Espagne à 2,5% et la Chine à 4,5%. La France est à 0,4% cette année après 0,9% en 2025, avant 0,7% en 2027.