Le e-commerce poursuit son avance en France au T1
information fournie par Reuters 24/05/2018 à 10:00

    * Les ventes en ligne ont progressé de 13% au T1
    * Le e-commerce toujours dopé par le mobile
    * Les produits alimentaires ont encore des marges de
progression

    PARIS, 24 mai (Reuters) - Le e-commerce a poursuivi son
avance au premier trimestre en France, toujours porté par
l'augmentation de la fréquence d'achat et la progression des
ventes réalisées sur des téléphones portables.
    Les ventes en ligne ont encore grimpé de 13% au cours des
trois premiers mois de l'année pour totaliser 22,3 milliards
d'euros, selon les chiffres publiés jeudi par la Fédération du
e-commerce et de la vente à distance (Fevad).
    La performance du secteur, qui contraste avec la stagnation
de la consommation en France hors alimentation (-0,4% selon les
données de la Banque de France), s'explique par une forte hausse
de la fréquence d'achat, en progression de 18,5% par rapport à
la même période de 2017.
    La baisse continue des frais de port ou les offres
d'abonnements annuels - qui permettent des livraisons gratuites
quel que soit le montant d'achat - contribuent à banaliser
l'achat en ligne et à le multiplier, y compris pour de petits
montants.
    Cette dynamique est principalement tirée par le
développement des achats sur smartphone (+25%), devenu le
principal levier de croissance du secteur.    
    L'habillement demeure le produit le plus acheté en ligne,
devant les produits culturels, tandis que le trio des sites
marchands les plus visités en France reste formé par Amazon
 AMZN.O , CDiscount (groupe Casino  CASP.PA ) et Fnac Darty
 FNAC.PA .
    Le e-commerce progresse aussi dans le secteur alimentaire,
avec le développement des sites propres aux enseignes et des
"drive", ces points de retrait des commandes effectuées en
ligne.
    Carrefour  CARR.PA  et Leclerc figurent ainsi respectivement
à la 8e et 11e place du classement des sites les plus visités.
    
    L'ORDINATEUR DOMINE POUR LES ACHATS ALIMENTAIRES
    Les ventes d'épicerie sur internet disposent toutefois
d'importantes marges de progression. 
    Selon une étude réalisée par Médiamétrie pour la Fevad en
avril 2018 auprès de 2.000 internautes, 53% des personnes
interrogées n'avaient pas opté pour le e-commerce alimentaire,
invoquant principalement des craintes liées à la nature des
produits (incapacité de contrôler leur qualité par la vue ou le
toucher).
    L'étude révèle aussi que, contrairement à d'autres secteurs,
 les achats de produits alimentaires - principalement l'épicerie
- passent encore majoritairement par un écran d'ordinateur
(77%), loin devant le smartphone (16%) et la tablette (8%).
    Elle confirme aussi la domination du "drive", qui compte
pour 42% des livraisons alimentaires, devant la livraison à
domicile (34%).
    Face aux ambitions d'Amazon  AMZN.O  sur le marché
alimentaire français, les distributeurs ont multiplié les
initiatives pour accélérer leur transformation digitale.
    Casino a été le premier à s'allier avec le géant américain
du e-commerce via sa filiale Monoprix. En Chine, Auchan s'est
allié à Alibaba  BABA.N  et Carrefour à Tencent  0700.HK ,
tandis que Leclerc vient de lancer son service de livraison à
domicile à Paris. 
    A la fin 2017, le e-commerce représentait 8,7% des ventes de
l'ensemble du commerce de détail en France, en progression d'un
point sur un an. Il conserve sa troisième place en Europe
derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne.
    Il pourrait, selon la Fevad, franchir les 90 milliards
d'euros en 2018 et les 100 milliards en 2019.  
       

 (Pascale Denis, édité par Dominique Rodriguez)