* Les exportations en hausse de 1,2% à 11,9 mds en 2016
* Le cognac a décollé de 6,5%, le vin a reculé de 0,8%
* Le champagne décroche au Royaume-Uni avec la baisse de la
livre
par Pascale Denis
PARIS, 9 février (Reuters) - Les exportations de vins et
spiritueux français ont légèrement progressé en 2016 pour
atteindre un nouveau record grâce au cognac, dont les ventes ont
rebondi en Chine et sont restées très dynamiques aux Etats-Unis.
Le chiffre d'affaires du secteur réalisé à l'export a
atteint 11,9 milliards d'euros l'an dernier, enregistrant une
hausse limitée à 1,2%, selon les chiffres publiés jeudi par la
Fédération des exportateurs de vins & spiritueux de France
(FEVS).
En volume, le nombre de bouteilles vendu est resté stable
par rapport à l'année précédente.
"Dans le contexte global des exportations françaises, ces
résultats constituent une bonne nouvelle", a déclaré à Reuters
Christophe Navarre, président de la FEVS.
La filière conserve sa place de deuxième poste excédentaire
de la balance commerciale française derrière l'aéronautique et
devant les parfums et les cosmétiques.
Cette progression s'explique principalement par les
performances du cognac, un produit à forte valeur ajoutée dont
les ventes à l'export ont progressé de 6,5% à 2,77 milliards
d'euros.
Aux Etats-Unis, où l'engouement pour les alcools bruns ne se
dément pas, le cognac a vu ses ventes monter de 16%, tandis
qu'en Chine, le rebond entamé en 2015 après deux ans de baisse
s'est poursuivi et les ventes y ont grimpé de 20,5%.
Ces performances contrastent avec celles des vins,
pénalisées par le recul des ventes de champagne (-2,5% à 2,62
milliards d'euros), plombées par une chute au Royaume-Uni.
La baisse de la livre sterling consécutive au vote
britannique pour le Brexit a très lourdement pesé sur le premier
marché d'exportation du champagne, où les ventes ont décroché de
13%.
OUVRIR DE NOUVEAUX MARCHÉS
Dans les vins dits "tranquilles", dont la part de marché
s'érode depuis 15 ans, le chiffre d'affaires s'est maintenu
(+0,3%) mais les volumes vendus ont poursuivi leur repli qui
atteint 13,5% sur les quatre dernières années, selon la FEVS.
Le manque de volumes disponibles, qui renchérit les prix,
pénalise la compétitivité des produits français à l'étranger
face aux vins du "nouveau monde" (Chili, Argentine, Australie),
mais aussi d'Europe du Sud (Italie et Espagne).
Face à cette érosion, il faut augmenter les surfaces
plantées, produire plus de vins et surtout accélérer l'ouverture
de nouveaux marchés, où certains concurrents des vins français
sont avantagés en matière de taxes, plaide Christophe Navarre.
Le Chili et l'Australie ont ainsi signé des accords de libre
échange avec la Chine, tandis que les vins français y sont taxés
à 14%.
Pour 2017, le président de la FEVS se veut prudent, face aux
incertitudes géopolitiques et économiques du monde.
"Il n'y a pas de raison pour que le cognac ne continue pas à
bien se comporter", a-t-il toutefois observé, "mais les arbres
ne montent pas au ciel et les stocks sont limités".
Pour le vin, la négociation d'accords commerciaux doit,
selon lui, être un objectif prioritaire pour les Européens.
Les Etats-Unis, avec un chiffre d'affaires en hausse de 8,1%
à 2,8 milliards d'euros ont conforté leur place de premier
débouché pour les vins et spiritueux français, tandis que la
Chine est remontée à la troisième place pour les spiritueux et à
la quatrième pour le vin.
(Edité par Jean-Michel Bélot)