Le chef Jean Imbert rattrapé par la justice pour des accusations de violences sur ses ex-compagnes information fournie par AFP 05/08/2026 à 17:44
Humiliations, traces de morsures, contrôle "coercitif" : le "cuisinier des stars" Jean Imbert a répondu mercredi devant un juge d'instruction d'accusations de violences sur ses ex-compagnes, susceptibles de lui valoir une mise en examen.
Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une information judiciaire contre le chef de 45 ans, un an après la première plainte contre lui et au terme de deux jours de garde à vue.
On ignore encore si le chef a été mis en examen à l'issue de l'interrogatoire par le juge d'instruction, qui s'est terminé vers 17H15.
"Une instruction est en cours et elle est couverte, comme vous le savez, par le secret. Je voudrais peut-être simplement vous dire qu'en fait, il y a ce qui est véhiculé dans les médias, (...) dans les réseaux sociaux, et puis il y a les dossiers, la complexité des dossiers, et les décisions de justice, de temps en temps, elles sont assez rassurantes", a déclaré, en sortant, Me Jacqueline Laffont, avocate de Jean Imbert avec Me Julie Benedetti.
L'ancien lauréat de Top Chef 2012, qui s'est hissé jusqu'aux fourneaux du Plaza Athénée à Paris et du Martinez de Cannes, "conteste la qualification pénale des éléments reprochés", selon le parquet.
Au début de sa garde à vue lundi, ses avocates avaient fait savoir à l'AFP qu'il répondrait "à toutes les questions des enquêteurs" et qu'il s'était rendu à son audition "avec de nombreux documents, pièces, autant d'éléments matériels solides qui étayent sa version des faits".
"Enfermement dans une pièce"
Les enquêteurs ont entendu six de ses ex-compagnes. "Chacune a dénoncé des violences, de différentes natures", a indiqué le parquet, avec un "retentissement psychologique" évalué entre 25 et 30 jours pour chacune d'elles.
"Plusieurs d'entre elles ont évoqué des éléments constitutifs de contrôle coercitif, comme le contrôle de leurs fréquentations, de leurs sorties ou de leur apparence. Des confidents des victimes ont attesté de traces de morsures ou de bleus, de comportements humiliants, voire d'enfermement dans une pièce", a poursuivi le parquet.
Celui-ci a retenu des charges au préjudice de deux d'entre elles, pour les faits les plus récents, entre décembre 2023 et novembre 2024. Elles ont demandé à ce que leur anonymat soit respecté.
Les violences dénoncées par les quatre autres femmes "apparaissent prescrites", selon le parquet.
Nez fracturé
Détenteur d'une étoile Michelin et adepte des réseaux sociaux, Jean Imbert s'affichait régulièrement au côté des stars fréquentant sa table, jusqu'aux premières accusations.
Parmi celles qui l'ont accusé publiquement, l'ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld, 39 ans. Elle a annoncé au printemps avoir porté plainte pour des faits remontant à leur relation, entre 2012 et 2014.
Elle affirme notamment que Jean Imbert lui a fracturé le nez lors du tournage d'une émission de cuisine qu'ils présentaient, "Recettes de fous" sur M6.
Jean Imbert lui aurait asséné un coup de tête, après qu'elle a reçu un message de son ex-mari à propos de la garde de leur fille. "Il ne supporte pas que j'aie eu une vie avant. (Pour lui), je fais la pute parce que je parle à mon ex-mari", avait-elle déclaré à Complément d'Enquête.
Jean Imbert avait précédemment dit regretter "profondément les conséquences" pour l'ancienne Miss France, décrivant une relation "insoutenable, marquée par les insultes et les crises". Ses avocates avaient évoqué des violences réciproques entre eux.
Première femme à déposer plainte, il y a un an, pour des faits remontant à 2012-2013, l'actrice Lila Salet, 35 ans, a dénoncé des gifles, "toujours dans un cadre intime, donc sans témoins".
Elle a fait état d'une "emprise" : "Tous les matins, je devais me lever en même temps que lui et je devais l'écouter parler de lui dans sa baignoire (...). Il ne supportait pas que j'aille seule ailleurs", avait-elle décrit à l'époque de son dépôt de plainte.
Elle dénonçait aussi une séquestration "pendant plusieurs heures" dans un hôtel, lors d'un week-end du couple à Florence, à cause d'un SMS qu'elle aurait reçu d'un ami. "Il m'a frappé plusieurs fois au visage et versé du champagne dans les yeux (...). Il n'a plus voulu que je sorte de ma chambre d'hôtel".
Les avocates du cuisinier avaient réfuté toute "séquestration" pendant ce week-end italien.
Mi-avril, la direction du Plaza Athénée avait acté le retrait de Jean Imbert de ses fonctions managériales et exécutives dans son restaurant, tout en confirmant la poursuite de sa collaboration comme "directeur artistique" jusqu'à l'échéance de son contrat en juin.