Le changement à la tête de Sanofi n'a pas convaincu le marché et le titre reste très décoté information fournie par Investir 24/02/2026 à 09:00
Le mandat du directeur général, Paul Hudson, à la tête du laboratoire depuis six ans, ne sera pas renouvelé. Le conseil d'administration, sous la houlette deFrédéric Oudéa, en a décidé ainsi. Le recul de 23% de l'action depuis un an n'y est probablement pas pour rien. Hormis le danois Novo Nordisk, confronté à une problématique spécifique sur le marché de l'antiobésité, les «big pharmas» européennes affichent des performances significatives en Bourse sur cette période, allant de +23% pour Roche à +52% pour GSK en passant par +29% pour AstraZeneca et Novartis. Le PER de Sanofi pour 2026 ressort ainsi à 9 fois, un niveau très faible comparé à la moyenne de ses concurrents européens (16fois).
Echecs cliniques
Ce sont les échecs, en 2025, du portefeuille de R&D (l'année 2024 ayant été, au contraire, très bonne sur ce sujet) qui ont été sanctionnés alors que, paradoxalement, Sanofi doit générer sur 2026-2029 une croissance moyenne (estimée) de son bénéfice par action autour de 9% par an, supérieure à celle de la moyenne du secteur.
Ilest vrai, qu'en l'état actuel de son portefeuille de molécules en développement, le groupe n'a pas encore trouvé suffisamment de remplaçants à son médicament vedette Dupixent (40% de ses facturations), dont le brevet expire en 2032. Mais il lui reste du temps et des ressources. Au crédit de Paul Hudson, on mettra le recentrage de Sanofi autour de l'immunologie, de la neurologie, des maladies rares et des vaccins, ainsi que la sortie des médicaments sans ordonnance via la cession de la filiale Opella.
Marchés sceptiques
De nationalité espagnole, sa remplaçante, Belén Garijo, docteure en médecine et actuelle dirigeante du laboratoire allemandMerck KGaA, sera nommée à l'issue de l'assemblé générale du 29avril. Elle a travaillé quinze ans chez Sanofi, où elle a piloté l'intégration de la biotech Genzyme.
L'action a cédé 4,2% le jour de l'annonce et n'a quasiment rient regagné depuis. Les investisseurs ne se sont pas montrés enthousiastes soupçonnant une décision politique motivant ce départ jugé «précipité» du directeur général. «Lavente d'Opella (propriétaire du Doliprane) et l'engagement de Sanofi d'investir 20milliards de dollars aux Etats-Unis, dans le cadre des accords signés par toutes les big pharmas avec l'administration Trump, sont probablement mal passés en haut lieu, nous signifie un analyste, peu convaincu par la nouvelle recrue. A la direction de Merck KGaA depuis 2021 pour redresser le groupe, elle est loin d'avoir fait des étincelles. Sur le plan boursier, l'action (dividendes réinvestis) du groupe allemand est en recul de 5% sur cinq ans, quandcelle de Sanofi grimpe de près de 25% sur la même période.»
Nous maintenons notre conseil d'achat pour viser 100 euros: la croissance du bénéfice par action s'annonce élevée d'ici à 2031, la valorisation est faible comparée aux autres grands groupes pharmaceutiques et le laboratoire a le temps d'étoffer son portefeuille.
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