Le catalyseur qui manquait à l'Europe est enfin là, estime Lazard Frères Gestion information fournie par Zonebourse 09/09/2026 à 11:30
Longtemps à la traîne face à Wall Street, les actions européennes pourraient avoir trouvé le catalyseur qui leur manquait. Lazard Frères Gestion décèle en effet un changement de dynamique, porté par le réveil des bénéfices, des valorisations attractives et un environnement politique plus favorable aux entreprises.
Quelque chose serait-il enfin en train de changer pour les actions européennes ? C'est la conviction de Lazard Frères Gestion, qui estime que l'amélioration des perspectives bénéficiaires vient renforcer un marché qui affichait déjà une décote importante par rapport à son homologue américain.
"La grande nouveauté, c'est que la dynamique est positive sur les actions européennes", souligne ainsi Thomas Brenier, directeur de la gestion actions et de la recherche actions au sein de la firme. Et les voyants sont tous au vert : la hausse des bénéfices s'accompagne en effet de prévisions révisées à la hausse au fil de l'année. Sur une base glissante à douze mois, les bénéfices par action attendus en Europe ont ainsi progressé de plus de 10% depuis leur point bas.
Ce changement de dynamique est jugé déterminant par la société de gestion, surtout après quatre ans de déception quant à la croissance des résultats en Europe. "Ce réveil constitue le catalyseur qui nous manquait pour aller plus loin", souffle le spécialiste.
Une Europe plus favorable à ses entreprises
Autre atout identifié par Lazard : cette amélioration intervient alors que les valorisations restent nettement inférieures à celles observées outre-Atlantique. Le PER du marché européen se situe ainsi autour de 15 fois les bénéfices, contre environ 19 fois aux États-Unis.
Il faut dire que ce regain d'intérêt s'accompagne de plusieurs changements structurels. Selon le gestionnaire, la politique européenne est devenue plus favorable que par le passé à l'investissement et à la constitution de grands groupes capables de rivaliser avec leurs concurrents américains et chinois. "Le virage a même été radical", soutient Thomas Brenier, évoquant notamment le départ de Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, qui a laissé sa place à Teresa Ribera.
Selon lui, ce changement a eu un impact net. Bruxelles ne raisonnerait désormais plus seulement en fonction de l'impact des opérations sur les prix payés par les consommateurs, mais prendrait davantage en compte "l'innovation, la sécurité et la résilience", avec la possibilité de favoriser l'émergence de champions industriels européens.
Le gérant relève également le renforcement des mesures de protection de l'industrie européenne, notamment dans l'acier, ainsi que le développement d'une véritable politique industrielle dans des secteurs tels que l'hydrogène et les semi-conducteurs. "On protège enfin notre industrie", estime-t-il.
Autre potentiel soutien : l'épargne. Lazard met en avant la "Savings and Investments Union", une initiative de l'Union européenne visant à mieux orienter l'épargne des Européens vers le financement des entreprises et de l'économie européenne. Selon le chiffre de la Commission européenne cité par le gestionnaire, quelque 10 000 milliards d'euros restent actuellement placés sur des comptes bancaires peu rémunérés.
Une vraie manne financière encore sous-exploitée.
Lazard reste surexposé à l'Europe
Enfin, les entreprises européennes évoluent aussi, avec un net développement des rachats d'actions, une pratique historiquement beaucoup plus répandue aux États-Unis. Selon Lazard, cette évolution témoigne d'une amélioration de l'allocation du capital des groupes européens.
La composition du marché européen a elle aussi changé : le poids des secteurs liés à la consommation dans le Stoxx 600 est passé d'environ 30% à 17% en dix ans. Une évolution jugée favorable dans un environnement où Lazard mise davantage sur l'investissement dans les infrastructures et les actifs physiques que sur une forte reprise de la consommation.
Ces convictions se retrouvent directement dans l'allocation du gestionnaire. "Nous, dans les portefeuilles diversifiés dans lesquels on intervient, on est surexposés aux actions européennes", indique Julien-Pierre Nouen. Lazard a parallèlement réduit sa sous-exposition aux États-Unis pour revenir près de la neutralité et a récemment légèrement renforcé les marchés émergents.