Le canal de Panama réduit ses transits face à la menace d'El Niño information fournie par Zonebourse 21/08/2026 à 09:47
Le canal de Panama limitera le nombre de navires autorisés à le traverser à partir de septembre, contrairement à ce qu'il prévoyait encore au printemps. La faiblesse des pluies et la perspective d'un épisode El Niño prolongé font craindre une nouvelle baisse des réserves d'eau.
A compter du 4 septembre, le canal de Panama limitera ses transits à 34 navires par jour. Ce plafond sera encore abaissé à 32 passages quotidiens à partir du 15 septembre.
Jusqu'en juin 2026, la voie navigable accueillait en moyenne 35 navires par jour pour une capacité théorique d'environ 40. En mai, ses responsables assuraient pourtant ne prévoir aucune restriction de passage cette année.
A partir du 4 septembre, les écluses Neopanamax disposeront de neuf créneaux quotidiens et les anciennes écluses Panamax de 25. Le nombre de créneaux Panamax tombera ensuite à 23 le 15 septembre.
Des capacités de transport plus restreintes
Ce changement de stratégie s'explique par une situation hydrologique préoccupante. Entre mai et août, les précipitations ont été inférieures de 34% à leur moyenne historique et les apports d'eau dans le bassin versant ont chuté de 44%.
L'autorité redoute désormais que l'épisode El Niño 2026-2027 réduise encore les précipitations. Une sécheresse prolongée menacerait à la fois l'exploitation du canal et l'approvisionnement local en eau.
L'ACP a toutefois repoussé certaines restrictions prévues sur le tirant d'eau des navires. La limite de 14,63 mètres aux écluses Neopanamax n'entrera en vigueur que le 2 septembre et celle de 14,48 mètres le 1er octobre.
Une réduction du tirant d'eau autorisé peut obliger les navires à embarquer moins de marchandises pour pouvoir franchir le canal en toute sécurité. De telles mesures peuvent donc avoir des conséquences directes sur les capacités de transport et les chaînes logistiques mondiales.
"C'est une bonne nouvelle pour les entreprises de transport qui majorent leurs tarifs en raison de la hausse des droits de transit", souligne Pierre-Yves Gauthier, d'AlphaValue. Mais c'est la vision court-termiste, car "les épisodes El Niño de forte intensité constituent un frein à la croissance mondiale, principalement dans les économies émergentes".
Les entreprises de transport maritime comme AP Moller Maersk, Hapag-Lloyd, Cosco ou Evergreen Marine ont bondi récemment à cause des tensions sur les prix.