Le CAC 40 proche des 8 400 points, Ormuz crée des remous information fournie par Zonebourse 24/06/2026 à 17:52
Les Bourses européennes ont clôturé la séance de mercredi en ordre dispersé et scrutent toujours les avancées des négociations géopolitiques entre les Etats-Unis et l'Iran en vue de sceller un accord. Après trois séances consécutives dans le rouge, le CAC 40 a rebondi de 0,54% à 8 385,49 points. A l'inverse, l'Euro Stoxx 50 a cédé 0,26% à 6 214,51 points. Francfort a perdu 0,71%. Londres et Amsterdam ont progressé respectivement de 0,25% et 0,11%.
A Wall Street, les indices rebondissent. Le Dow Jones s'adjuge 1,12%, vers 17h45.
Le protocole d'accord conclu entre l'Iran et les États-Unis pour mettre un terme à la guerre est "la déclaration de défaite de l'Amérique", a estimé ce mercredi le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, lors d'une conférence à Bakou en Azerbaïdjan, retransmise à la télévision iranienne.
Les pourparlers techniques entre Washington et Téhéran reprendront "la semaine prochaine", a annoncé aujourd'hui le Pakistan, pays qui endosse le rôle de médiateur dans ces pourparlers.
Quel sort pour Ormuz ?
En outre, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a réaffirmé mardi à son arrivée à Abou Dhabi que Washington n'acceptera pas de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz. Il corrobore ainsi les propos de Donald Trump. Le président américain a écrit sur la plateforme Truth Social que "L'Iran a informé les Etats-Unis que, malgré les informations contraires diffusées par les médias menteurs perturbateurs, il n'y a aucun péage, aucun frais d'assurance et aucun autre frais de quelque nature que ce soit demandés ou perçus par l'Iran sur les navires transitant par le détroit d'Ormuz". Il a menacé de mettre fin aux négociations dans le cas contraire.
Dans le même temps, Oman et l'Iran veulent s'attarder sur les coûts de la future gestion de ce passage stratégique cadenassé par Téhéran pendant la guerre.
Fort recul du pétrole
Trump a aussi affirmé hier que le dégel des avoirs iraniens serait placé sous le contrôle des États-Unis et dirigés vers "l'achat de nourriture et de fournitures médicales" exclusivement américaines. "L'argent et/ou les sanctions que le Trésor américain est en train de lever sont placés sous séquestre, contrôlés par les États-Unis, et seront utilisés pour l'achat de nourriture et de fournitures médicales, exclusivement en provenance des États-Unis, y compris du maïs, du blé et du soja produits par nos formidables agriculteurs américains", a t-il déclaré sur Truth Social.
De son côté, l'Organisation maritime internationale (OMI), agence de l'ONU chargée de la sécurité en mer, a annoncé la veille le commencement de la mise en oeuvre du plan d'évacuation pour "plus de 11 000 marins encore bloqués dans la région" du Golfe, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz au début de la guerre au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, les cours du pétrole poursuivent leur baisse. Vers 17h45, le Brent perd 4,05% à 73,88 dollars. Le WTI cède 4,15% à 70,13 USD.
KNDS, nouvel acteur de la Bourse
Dans l'actualité des sociétés cotées, KNDS annonce son intention de procéder à une introduction en Bourse sur Euronext Paris et à la Bourse de Francfort, dans le cadre d'une opération portant sur jusqu'à 20% de son capital détenu par ses actionnaires actuels. L'opération sera entièrement secondaire et ne comprendra pas d'émission de nouvelles actions. Pour 2026, le spécialiste européen de la défense terrestre vise une croissance d'environ 30% de son chiffre d'affaires et un EBIT d'environ 12% hors coûts liés à l'introduction en Bourse. À moyen terme, le groupe ambitionne un chiffre d'affaires annuel de 11 à 12 MdsEUR et une marge d'EBIT comprise entre 14 et 15%.
Autre acteur du secteur de la défense, l'allemand Rheinmetall a dévissé de 18,98%, enregistrant la plus forte baisse du DAX 40. Le titre a décroché, plombé par des informations de presse évoquant un possible abandon du projet de construction de six frégates F126, estimé à 12,8 milliards d'euros. "Rheinmetall était pressenti pour remporter le contrat [...], le chantier naval néerlandais Damen, maître d'oeuvre actuel du programme, accumulant des retards", ont réagi ce matin les analystes d'AlphaValue.
Pernod Ricard ( 2,73%) a enregistré l'une des plus fortes progressions du CAC 40. Le regain d'optimisme qui porte le spécialiste des vins et spiritueux est dû à des données encourageantes du cabinet de recherche Nielsen. Elles montrent que les tendances d'activité se sont un peu améliorées en juin sur le marché américain de l'alcool. Après un repli de 0,9% en mai, les ventes ne devraient se contracter que de 0,1% aux Etats-Unis sur le mois qui s'achève.
De plus, le titre EssilorLuxottica ( 0,27%) a fini en hausse au sein de cet indice phare parisien après avoir cédé jusqu'à 4% à l'heure du déjeuner. Le lunettier franco-italien a été pénalisé par des avis d'analystes prudents à un peu plus d'un mois de la publication de ses résultats semestriels. Dans une note diffusée dans la nuit, les équipes de Jefferies indiquent avoir ramené leur objectif sur le titre de 300 à 250 euros après avoir abaissé leurs prévisions de croissance pour 2026, citant la conjoncture macroéconomique et un ralentissement de l'adoption des lunettes connectées à l'IA. De leur côté, les analystes de Deutsche Bank indiquent avoir ramené leur objectif de 183 à 181 EUR, affichant eux aussi une certaine prudence à l'approche de la publication des résultats du deuxième trimestre.
Demain à 14h30, les investisseurs prendront connaissance des chiffres de l'inflation américaine du mois de mai.