LONDRES, 1er juin (Reuters) - En hausse de plus de 20% en
une semaine, la monnaie numérique bitcoin évolue actuellement
tout près de ses plus hauts niveaux depuis deux ans, un
mouvement alimenté par les craintes d'une dépréciation du yuan,
qui favorise la demande chinoise.
Les volumes de transactions sur la plate-forme chinoise
d'échanges de bitcoin BTCC représentent depuis vendredi trois à
cinq fois leur moyenne quotidienne, selon son directeur général,
Bobby Lee, qui explique que des épargnants chinois cherchent à
protéger leurs avoirs contre une baisse du yuan.
Environ 95% des échanges mondiaux sur le bitcoin sont
réalisés sur des plates-formes chinoises selon le site internet
spécialisé Coindesk. Toute augmentation de la demande en Chine a
donc un impact important sur le cours de la devise.
Le yuan évoluait mercredi tout près de son plus bas niveau
depuis cinq ans face au dollar CNY= , la Banque populaire de
Chine (BPC) ayant fixé le cours pivot quotidien de la monnaie en
baisse par rapport à la veille pour la troisième séance
consécutive.
"Les gens craignent que la BPC ne dévalue le yuan", explique
Bobby Lee depuis Hong Kong. "Pour ceux qui se trouvent en Chine
et détiennent du yuan, c'est un risque énorme, donc ils achètent
des actifs solides (...) Le bitcoin est très facile à échanger."
Le bitcoin s'échangeait autour de 540 dollars BTC=BTSP
mercredi après être monté la veille à 548,50 sur la plate-forme
Bitstamp, son niveau le plus élevé depuis août 2014.
La monnaie virtuelle est souvent critiquée pour sa
volatilité: après avoir dépassé 1.100 dollars en 2013, elle
était retombée à 150 dollars début 2015 avant d'entamer un
rebond qui s'est nettement accéléré depuis vendredi.
Au-delà des considérations liées au yuan, des spécialistes
du bitcoin expliquent que la hausse récente de la monnaie
virtuelle est également liée au fait que dans 40 jours, le
nombre de nouveaux bitcoins créés quotidiennement sera divisé
par deux.
Le bitcoin n'est pas contrôlé par une banque centrale et son
volume d'émission n'est pas illimité, contrairement à celui
d'une monnaie "classique". Au contraire, lors de sa création en
2008, le code régissant son émission par des "mineurs", un
réseau d'ordinateurs qui valident des blocs de transactions, a
prévu que le volume de nouveaux bitcoins émis serait réduit de
moitié environ tous les quatre ans, afin d'empêcher un mouvement
inflationniste.
La prochaine échéance de ce type est fixée au 10 juillet.
(Jemima Kelly, avec Sujata Rao; Marc Angrand pour le service
français, édité par Véronique Tison)