par Jemima Kelly
LONDRES, 13 septembre (Reuters) - Le bitcoin a perdu
mercredi jusqu'à plus de 10% de sa valeur au lendemain d'un
avertissement du PDG de la banque américaine JPMorgan Chase & Co
JPM.N , Jamie Dimon, selon lequel cette monnaie virtuelle est
une "fraude" qui finira par "exploser".
La cryptomonnaie la plus connue et la plus importante au
monde a vu sa valeur plus que quintupler depuis le début de
l'année, à un pic de près de 5.000 dollars (4.205 euros) le 2
septembre.
Mais depuis la semaine dernière, le cours du bitcoin
BTC=BTSP est en chute libre, affecté par l'annonce par les
autorités chinoises de l'interdiction pour des individus comme
des organisations de lever des fonds par émissions de jetons
digitaux (initial call offerings ou ICOs), une pratique que
Pékin juge illégale.
Les ICOs ont dopé la valeur de toutes les cryptomonnaies,
passant d'environ 17 milliards de dollars au début de l'année à
quelque 180 milliards de dollars au début septembre, un niveau
record. Le bitcoin représente un peu moins de la moitié de ce
montant.
Après l'annonce sur les ICOs, le bitcoin a pâti lundi de
plusieurs informations de presse selon lesquelles Pékin
envisagerait d'interdire l'usage des monnaies virtuelles dans
les échanges domestiques.
La mise en garde mardi de Jamie Dimon a entraîné un nouveau
plongeon de 11% du bitcoin, qui avait déjà perdu environ 15% de
sa valeur en 10 jours.
"Il rejoint plusieurs observateurs du marché qui ont
critiqué le bitcoin et estimé qu'il pourrait être une bulle,
donc ses propos pourraient avoir accéléré la chute", a déclaré
James Butterfill, directeur de la stratégie de recherche et
d'investissement chez ETF Securities, à Londres.
Sur la plate-forme Bitstamp, le bitcoin se négociait
mercredi en baisse de 6,05% à 3.915 dollars vers 17h05 GMT,
après avoir touché un creux à 3.720,01 dollars en séance.
La plupart des autres monnaies numériques étaient également
en repli, notamment l'ether en baisse de 10%, selon
Coinmarketcap, un site spécialisé.
La monnaie virtuelle permet aux individus de faire des
transferts entre personnes ou de payer pour des produits ou
services en contournant les banques et le système financier
classique.
(Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand
Boucey)