Le bilan des affrontements entre Israéliens et Palestiniens s'alourdit
information fournie par Reuters 12/05/2021 à 12:45

* Des centaines de roquettes tirées sur Israël

* L'escalade de violence fait suite à des heurts à Jérusalem

* L'Onu et les Etats-Unis cherchent à réduire les tensions

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM, 12 mai (Reuters) - L'armée israélienne a mené des centaines de frappes aériennes sur la bande de Gaza mercredi matin, tandis que le Hamas et d'autres groupes palestiniens ont multiplié des tirs de roquettes en direction de Tel Aviv et de la ville de Beer Sheva, dans le sud d'Israël.

De sources médicales, on déclare que ces bombardements ont fait au moins 43 morts à Gaza et six tués en Israël depuis que les affrontements entre les deux camps ont débuté lundi soir, après des premiers tirs de roquettes du Hamas en réponse aux heurts qui secouent depuis des jours Jérusalem.

A Gaza, un immeuble de plusieurs étages, dont les occupants avaient au préalable été sommés par Israël d'évacuer les lieux, s'est effondré. Un autre a été gravement endommagé par des frappes aériennes israéliennes.

Selon les autorités israéliennes, les raids de mercredi ont permis de tuer plusieurs chefs des services de renseignement du Hamas. Des sites de lancement de roquettes, des locaux du Hamas et des logements de dirigeants du mouvement palestinien ont également été ciblés par l'armée israélienne.

Cette escalade de violence suscite l'inquiétude de la communauté internationale, qui craint que la situation ne devienne incontrôlable.

"Israël est devenu fou", a déclaré un homme dans une rue de Gaza, où les gens se pressaient hors de chez eux pour se mettre à l'abri alors que la ville était secouée par des explosions.

En Israël, les habitants ont connu également une nuit agitée marquée notamment par le retentissement de sirènes à trois heures du matin à Tel Aviv, annonçant une salve de roquettes tirées sur le pays.

"Les enfants ont échappé au coronavirus mais là, c'est un nouveau traumatisme", a déploré à la télévision une Israélienne dans la ville côtière d'Ashkelon.

Dans la ville de Lod, près de Tel Aviv, deux personnes ont été tuées par une roquette qui s'est abattue sur un véhicule.

A Gaza, onze personnes ont été tuées mercredi par les frappes aériennes d'Israël, selon le ministère palestinien de la Santé.

La branche armée du Hamas a déclaré avoir tiré 210 roquettes sur Beer Sheva et Tel Aviv en réponse aux bombardements par Israël des immeubles dans la ville de Gaza. L'armée israélienne affirme qu'environ un tiers des roquettes palestiniennes n'ont pas atteint leurs cibles.

Outre les frappes aériennes, Israël dit avoir déployé de l'infanterie et des blindés pour soutenir les chars déjà massés à la frontière avec la bande de Gaza. La dernière incursion terrestre israélienne dans l'enclave pour mettre fin à des attaques à la roquette remonte à 2014.

D'après des témions, l'aviation israélienne a détruit le quartier général de la police dirigée par le Hamas dans Gaza.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, parmi les victimes dans l'enclave palestinienne figurent 13 enfants. L'armée israélienne a dit examiner ces informations.

APPELS AU CALME

Tor Wennesland, l'émissaire de l'Onu pour le Proche-Orient, a déclaré que l'organisation internationale travaillait avec les deux camps pour ramener le calme.

Le Caire de son côté a invité les dirigeants palestiniens à faire preuve de retenue, selon des sources sécuritaires égyptiennes.

Mardi, tout en estimant qu'Israël avait le droit légitime de se défendre, la Maison Blanche a fait pression sur l'Etat hébreu pour qu'il se préoccupe du sort des Palestiniens.

L'escalade de violence entre les deux camps est la conséquence d'affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes autour de la mosquée Al Aqsa à Jérusalem, où les tensions sont alimentées depuis plusieurs semaines et le début du ramadan, par le risque d'expulsion de plusieurs familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est.

Ce conflit se déroule sur fond de crise politique en Israël, où Benjamin Netanyahu n'est pas parvenu à former de gouvernement après les élections législatives du 23 mars dernier, qui ont encore accouché d'un parlement fragmenté. Ses adversaires politiques ont suspendu leurs négociations sur la formation d'un gouvernement de coalition pour évincer le Premier ministre sortant du pouvoir.

(Nidal al-Mughrabi, Dan Williams, Ari Rabinovitch et Rami Ayyub; Avec Stephanie Nebehay à Genève, Nandita Bose et Steve Holland à Washington, Michelle Nichols à New York et Stephen Farrell à Jérusalem; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Stéphane Brosse)