La vague pro-marché gagne la Colombie, le Brésil en ligne de mire information fournie par Zonebourse 22/06/2026 à 19:17
Le virage libéral se poursuit en Amérique Latine. Après l'élection de Javier Milei en Argentine en 2023, puis de José Antonio Kast au Chili en décembre dernier, c'est au tour de la Colombie de passer ce cap avec l'élection d'Abelardo de la Espriella le weekend dernier.
Du point de vue des marchés, une partie importante du scénario semble déjà intégrée dans les cours, puisque l'ETF Global X MSCI Colombia (COLO), qui donne accès aux principales valeurs colombiennes cotées, a progressé d'environ 20% sur un mois et d'environ 50% sur un an. Ce mouvement reflète l'espoir d'un re-rating politique après quatre années de présidence Petro marquées par la défiance envers le secteur énergétique, les entreprises domestiques et la stabilité réglementaire.
Sur le plan économique, Abelardo de la Espriella a fait campagne sur un programme favorable aux entreprises et aux investisseurs. Il défend une réduction du poids de l'État dans l'économie, une simplification réglementaire, un soutien accru au secteur privé ainsi qu'une relance de l'investissement dans les hydrocarbures et les ressources naturelles.
Les premiers signaux de gouvernance constitueront probablement le prochain catalyseur pour les investisseurs. Ceux-ci surveilleront attentivement la composition de l'équipe économique, le degré de priorité accordé à la règle fiscale, la relation avec le Congrès ainsi que les annonces concernant le secteur minier et énergétique. Le programme de De la Espriella prévoit un ajustement structurel d'environ 3,1% du PIB, un déficit ramené sous 3,5% du PIB d'ici 2030 (contre 6% en 2025) et une dette publique inférieure à 55% du PIB.
Dans ce contexte, le marché colombien entre désormais dans une phase plus exigeante pour les investisseurs. Une confirmation rapide de la discipline budgétaire, une relance des contrats pétroliers ou une réduction du risque réglementaire pourraient soutenir le peso, les obligations souveraines et les banques colombiennes. À l'inverse, un Congrès difficile à manoeuvrer, des nominations jugées décevantes ou l'absence d'un calendrier fiscal clair pourraient déclencher un mouvement de "sell the news" après la forte hausse enregistrée ces derniers mois.
Cette élection contribue également à maintenir l'Amérique latine au centre de l'attention des investisseurs. Après l'Argentine, le Chili puis la Colombie, le prochain grand catalyseur régional sera le Brésil, où les élections d'octobre pourraient devenir le test le plus important pour la poursuite du re-rating latino-américain.