La tech et le pétrole font chuter les places européennes avant la BCE
information fournie par Zonebourse 23/07/2026 à 12:07

Alors que les regards doivent se tourner vers la BCE en début d'après-midi, les Bourses européennes font grise mine, plombées par des publications de la veille au soir jugées décevantes dans le secteur technologique américain et par l'envolée continue des cours du pétrole.

Un peu avant 12h00, l'indice CAC 40 essuie un recul de l'ordre de 1% vers 8 355 points, tandis que l'Euro Stoxx 50 abandonne 0,8%, que l'Ibex 35 recule de 0,7%, que le DAX 40 perd 0,6% et que le FTSE 100 ne cède que 0,2%.

Un moral plombé par les premières publications dans la tech...

Les publications de la veille au soir dans le secteur technologique aux Etats-Unis sont fraîchement accueillies, comme en témoignent les échanges hors séance, avec des replis de l'ordre de 3,5% pour Alphabet, ainsi que de plus de 5% pour Tesla et Texas Instruments.

Si Alphabet a publié des résultats trimestriels solides, le groupe a également revu à la hausse ses dépenses d'investissement pour 2026 avec l'essor de l'IA, une perspective qui inquiète les investisseurs alors que son flux de trésorerie disponible est tombé dans le rouge au cours du trimestre écoulé.

"Cela reste le problème central pour cette partie du marché. Une forte croissance ne suffit plus à elle seule si les dépenses continuent d'augmenter plus vite que la visibilité sur le retour", réagit Zaheer Anwari, CEO de The Revacy Fund.

"Tesla a adopté un ton plus prudent avec une publication mitigée, partagée entre un chiffre d'affaires meilleur que prévu, mais des marges et des bénéfices ajustés inférieurs aux attentes", ajoute ce professionnel des marchés.

...et par l'envolée continue du pétrole

Le moral des investisseurs est aussi grevé par un cours du Brent qui grimpe encore de 4,6% à 98 USD le baril, alors que les échanges de frappes entre Washington et Téhéran continuent de perturber le trafic dans le détroit d'Ormuz et que le conflit menace de s'étendre dans la région.

"Avec un Brent qui s'échange au-delà de 95 USD, la question va progressivement se porter sur la possibilité que la prime de risque géopolitique finisse par se traduire par de véritables ruptures d'approvisionnement", s'inquiète Ahmad Assiri, stratégiste chez Pepperstone.

"Si les risques autour des détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb venaient à perturber les flux commerciaux et énergétiques, cela accentuerait la pression à la hausse sur le cours du brut et amplifierait l'impact inflationniste, ancrant un peu plus la posture restrictive des politiques monétaires", prévient l'analyste.

Un statu quo attendu du côté de la BCE en juillet, mais après ?

C'est dans ce contexte que la BCE doit rendre ce jeudi, en début d'après-midi, sa décision de politique monétaire à l'issue de la réunion de son conseil des gouverneurs, un statu quo sur les taux directeurs étant largement anticipé après le tour de vis opéré le mois dernier.

"Selon nous, la BCE devrait adopter un ton résolument restrictif afin de préparer les marchés à une nouvelle hausse des taux en septembre, compte tenu de l'absence de solution concernant la réouverture du détroit d'Ormuz", prévient Patrick Barbe.

"Elle devrait toutefois réaffirmer que ses décisions resteront guidées par les données économiques afin de préserver sa flexibilité face à un environnement particulièrement incertain", ajoute ce responsable de l'investissement obligataire Investment Grade en Europe chez Neuberger.

Soitec s'envole et STMicro plonge après leurs chiffres respectifs

Dans l'actualité des valeurs, Soitec caracole en tête du SBF 120 avec une envolée de 21%, tandis que STMicroelectronics fait figure de lanterne rouge du CAC 40 avec un plongeon de 15%. Si le premier a fait part d'un démarrage en trombe de son exercice, le second a présenté un 2e trimestre mitigé.

Seb grimpe de plus de 12%, le fabricant de petit électroménager ayant fait part de résultats semestriels encourageants, avec un chiffre d'affaires en légère hausse organique, une rentabilité opérationnelle retrouvée et une confirmation de ses perspectives pour l'exercice 2026.

Ailleurs en Europe, Nestlé chute de 7% à Zurich après la publication de résultats semestriels décevants, avec un bénéfice net en recul de plus de 30% sur un an et un chiffre d'affaires en repli, auxquels s'ajoute la prudence affichée par la direction concernant les perspectives.

Moncler dévisse de 8% à Milan, la maison de doudounes de luxe étant sanctionnée après la publication de ses résultats du 2e trimestre, qui

font ressortir une croissance du chiffre d'affaires portée par l'Asie, mais freinée par le recul du tourisme en Europe.