La "tech" et le Moyen-Orient pénalisent les Bourses, le pétrole gagne 12% sur la semaine information fournie par Reuters 17/07/2026 à 13:56
Wall Street est attendue en nette baisse et les Bourses européennes sont également dans le rouge vendredi à mi-séance, plombées par les ventes dans le secteur des semi-conducteurs et l'escalade militaire au Moyen-Orient. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,6% pour le Dow Jones, de 0,75% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,44% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,74% à 8.315,63 points vers 11h00 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,59% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,18%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,85%, le FTSEurofirst 300 abandonne 0,54% et le Stoxx 600 recule de 0,50%.
La chute des fabricants de puces électroniques jeudi à Wall Street s'est propagée vendredi aux marchés asiatiques puis aux Bourses européennes dans un contexte d'incertitude concernant les investissements et les valorisations élevées du secteur liés à l'essor de l'intelligence artificielle (IA), un élément clé du récent "rallye" boursier.
Le compartiment technologique du Stoxx 600 abandonne 2,2% et les ventes devraient à nouveau peser sur les indices américains dès l'ouverture vendredi, les actions des entreprises du secteur étant indiquées sur un recul compris entre 3% et 5% dans les échanges en avant-Bourse. L'indice Philadelphia SE Semiconductor s'apprête ainsi à connaître une baisse hebdomadaire de plus de 8%, la plus importante depuis mars 2025.
Les investisseurs se montrent exigeants envers ce secteur qui bat tous les records, les ventes se poursuivant malgré le bénéfice supérieur aux attentes du géant taïwanais TSMC et alors que le groupe néerlandais ASML, le premier fournisseur d'équipements pour la fabrication de puces de pointe, a relevé cette semaine sa prévision de chiffre d'affaires pour l'année.
La prudence devrait rester de mise à quelques jours de la publication des résultats de certains géants américains de la "tech". Alphabet, maison mère de Google, sera le premier des "hyperscalers" à publier ses résultats trimestriels la semaine prochaine et les investisseurs porteront une attention particulière à ses plans d'investissement.
"Les performances des hyperscalers en 2026 ont été décevantes. Les incertitudes persistantes concernant l'évolution future de leur chiffre d'affaires et de leurs bénéfices s'accompagnent de plus en plus d'un recours accru à l'endettement", soulignent les analystes de J.Safra Sarasin dans une note publiée vendredi.
La géopolitique contribue elle aussi à peser sur la tendance, l'Iran ayant mené vendredi de nouvelles frappes contre des installations américaines au Moyen-Orient, après une sixième nuit consécutive de frappes américaines contre des infrastructures militaires iraniennes.
Les hostilités bloquent à nouveau le passage des navires dans le détroit d'Ormuz et font grimper les prix du pétrole, le Brent étant en passe d'enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire (+12,8%) depuis trois mois, tempérant ainsi l'optimisme suscité par le ralentissemnt de l'inflation observé en juin tant en zone euro qu'aux États-Unis.
La Banque centrale européenne (BCE) devrait laisser ses taux d'intérêt inchangés la semaine prochaine mais procédera à une deuxième hausse des coûts d'emprunt en septembre, la nouvelle flambée des prix de l'énergie intensifiant le risque d'inflation, selon une majorité croissante d'économistes interrogés par Reuters.
PÉTROLE
Le Brent prend 1,79% à 85,74 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 2,13% à 80,63 dollars.
Seuls trois navires ont traversé le détroit d'Ormuz jeudi, le plus faible nombre de passages quotidiens depuis le mois de mai, montrent les données du secteur maritime.
Trois sources informées ont en outre déclaré jeudi à Reuters que Téhéran avait demandé aux Houthis, au Yémen, de se tenir prêts à bloquer le détroit de Bab el Mandeb, autre voie cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, si Washington venait à frapper les infrastructures iraniennes.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Netflix plonge de 9% en avant-Bourse, le géant du "streaming" ayant publié jeudi des prévisions pour le troisième trimestre inférieures aux attentes.
VALEURS EN EUROPE
Les valeurs des semi-conducteurs souffrent dans le sillage de leurs homologues asiatiques, STMicroelectronics et Soitec perdant respectivement 5,7% et 5,5% à Paris, tandis que les groupes néerlandais ASMI, BESI et ASML abandonnent entre 2,9% et 5,9% à Amsterdam.
Le groupe biopharmaceutique DBV Technologies perd 2,8% à la suite de la publication de ses résultats trimestriels faisant état d'une hausse des charges opérationnelles au premier semestre.
Ailleurs en Europe, Burberry cède 5,7% après avoir déclaré que le conflit en cours au Moyen-Orient pesait sur ses ventes en Europe, bien que le chiffre d'affaires du groupe de luxe britannique au titre de son premier trimestre ait été solide aux États-Unis et en Chine.
Volvo Group, qui a fait état vendredi d'une hausse de 35% de son résultat d'exploitation au deuxième trimestre, cède 0,6%.
TAUX
Le rendement des obligations d'État allemandes à 10 ans, référence de la zone euro, baisse légèrement vendredi mais s'oriente vers une hausse hebdomadaire, le rebond des prix du pétrole intensifiant les craintes d'inflation.
Le rendement du Bund à dix ans cède 1,8 point de base à 3,1177%, tandis que celui du titre à deux ans ressort à 2,7637%.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans perd 4,4 points de base à 4,5254% et son homologue à deux ans cède 3,2 points de base à 4,1239%, après les chiffres favorables de l'inflation et des prix à la production publiés cette semaine, même si cette tendance pourrait s'avérer temporaire.
CHANGES Le dollar évolue sur de faibles variations (+0,06%) face à un panier de devises de référence, les données plus faibles que prévu de l'inflation ayant été compensées par un regain de demande pour les valeurs refuges face au contexte géopolitique instable.
L'euro perd 0,09% à 1,1431 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 17 JUILLET :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
US 13h15 Production industrielle juin +0,2% +0,1%
US 14h00 Confiance des ménages juillet +51,0 +49,5
(préliminaire)
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)