Ukraine: la diplomatie est relancée, Trump se réjouit, Moscou temporise information fournie par AFP 21/10/2026 à 23:08
La Russie et l'Ukraine se sont dites mercredi disposées à des négociations trilatérales sous médiation des Etats-Unis, ce qui a conduit Donald Trump à assurer que la fin de la guerre n'avait jamais été "aussi proche", mais Moscou a tempéré les attentes.
L'émissaire américain Steve Witkoff a vu mercredi le président Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, après une réunion la veille à Oslo avec des dirigeants européens et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lequel a appelé à un arrêt des combats sur les positions actuelles comme premier pas en vue des pourparlers.
Après une réunion de trois heures "détaillée et franche", le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, a indiqué que Moscou était prêt à reprendre les négociations à trois avec Kiev et Washington, mais pas immédiatement, "vers le 10 novembre".
Donc après les élections de mi-mandat aux États-Unis, qui pourraient changer la donne politique américaine, et sans pause d'ici là dans les combats, qui continuent sans avancée majeure de part et d'autre.
Volodymyr Zelensky a affirmé être "favorable" à une telle rencontre, mais "dès que possible". "L'ordre du jour est clair : mettre fin à la guerre, faire avancer la paix et, si je comprends bien, tout préparer en vue d'une rencontre au niveau des dirigeants", a-t-il dit.
"Pas grand'chose"
Le président américain se veut, lui, optimiste, et a assuré mercredi qu'un dénouement était proche, comme il l'a fait plusieurs fois depuis son retour au pouvoir.
"L'autre jour, je parlais avec Vladimir Poutine du règlement de sa guerre avec l'Ukraine, et je pense qu'on s'en rapproche d'ailleurs. Peut-être que nous n'en avons jamais été aussi proches", a dit Donald Trump.
Signe que les positions des belligérants semblent pourtant encore éloignées, Iouri Ouchakov a affirmé que les propositions formulées par Kiev et les Européens à Oslo "ne comportaient pas grand’chose".
L'émissaire, assisté en visioconférence par le gendre du président américain Jared Kushner, grippé, a par ailleurs remercié Vladimir Poutine avec des éloges très appuyés pour la libération d'un Américain détenu en Russie, Stephen Hubbard, annoncée mercredi.
"Vous êtes vous-même un humaniste, monsieur. Et je salue cela", a déclaré Steve Witkoff, dont les propos ont immédiatement été dénoncés par nombre de parlementaires américains, y compris des républicains.
L'émissaire américain a assuré sur X que les discussions avaient été "constructives et se poursuivraient dans le cadre de pourparlers trilatéraux", mais reconnu qu'il restait "un travail important à accomplir."
Des négociations entre Russes, Ukrainiens et Américains avaient déjà eu lieu en 2025, sans avancées concrètes. Elles avaient été suspendues après le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Washington et Israël.
Poutine "humaniste"
Iouri Ouchakov a également évoqué une possible réunion en préparation entre Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping en Chine, en marge du sommet de l'APEC en novembre à Shenzhen.
Dans une interview sur Fox News, Volodymyr Zelensky a appelé mercredi à un "gel" de la ligne de front comme premier pas dans les discussions, une proposition exclue jusque-là par Moscou, qui exige un accord sur le fond avant tout arrêt des combats.
La Russie réclame notamment que l'armée ukrainienne se retire des territoires qu'elle tient encore dans la région de Donetsk (est), ce que Kiev considère comme inacceptable.
Cette reprise de la diplomatie s'accompagne d'un rapprochement entre les États-Unis et la Russie, dont Donald Trump espère qu'elle va l'aider à faire baisser le prix des carburants, motif de mécontentement majeur des électeurs américains avant les législatives du 3 novembre.
Vladimir Poutine a annoncé mercredi qu'un premier pétrolier contenant 40.000 tonnes de diesel russe à destination des États-Unis partirait dans "deux à trois jours". Le vice-Premier ministre russe en charge de l'Energie, Alexandre Novak, a évoqué un départ jeudi.
Cette cargaison est la conséquence d'un accord annoncé début octobre par Donald Trump, qui l'a amené à lever une partie des sanctions sur la Russie.
Cela lui a valu de vives critiques de Kiev et ses alliés européens, qui font valoir que toute vente d'hydrocarbures russes finance la machine de guerre contre l'Ukraine.
Les forces ukrainiennes ont par ailleurs dénoncé des derniers jours des difficultés d'accès aux renseignements américains ainsi qu'au système de satellites Starlink. Volodymyr Zelensky a toutefois salué mardi le rétablissement des alertes américaines précoces visant à détecter les missiles russes.