PARIS, 24 octobre (Reuters) - L’Alliance de la presse
d’information générale, qui regroupe 305 journaux français, a
annoncé jeudi déposer plainte contre Google GOOGL.O devant
l'Autorité de la concurrence pour abus de position dominante.
Ce jeudi marque l'entrée en vigueur en France de la
directive européenne sur le "droit voisin", droit d'auteur censé
permettre aux éditeurs de journaux et de magazines d'être
rémunérés par les plates-formes, réseaux sociaux et autres sites
internet réutilisant leurs contenus.
La presse française accuse Google de contourner cette
législation.
Google France, filiale d'Alphabet >GOOGL.O>, a annoncé le 25
septembre qu'il n'afficherait plus désormais des extraits de
texte ou une vignette photo pour les recherches liées à
l'actualité, mais uniquement un titre et un lien URL par défaut
- qui ne sont pas protégés par le "droit voisin". Si les
éditeurs veulent revenir à la situation antérieure, ils devront
le notifier à Google et renoncer à leur rémunération.
"Tout le monde sait très bien que dès qu'une URL n'est pas
enrichie, les liens sont moins cliqués. Moins vous avez de
clics, moins vous apparaissez dans les résultats de recherche de
Google et donc au bout d'un moment vous disparaissez", souligne
Marc Feuillée, vice-président de l'Alliance de la presse
d'information générale, dans Les Echos.
"Nous déposons une plainte devant l'Autorité de la
concurrence pour faire reconnaître que Google abuse de sa
position dominante, afin de contraindre les éditeurs de presse",
explique-t-il.
"L'Autorité de la concurrence doit faire cesser cet abus. Il
est nécessaire de prendre des mesures conservatoires pour aller
vite car il faut tout stopper, avant que la situation ne
devienne irréversible", ajoute-t-il.
L'Alliance a été fondée en septembre 2018 par 305 journaux
parisiens et départementaux pour se défendre face aux "diktats"
des géants du numérique.
(Sophie Louet, édité par Bertrand Boucey)