La planète finance dans le rouge en mars
information fournie par Zonebourse 31/03/2026 à 17:58

Pour la dernière séance de mars, le CAC 40 s'est offert une hausse, la deuxième consécutive et a progressé de 0,57%, à 7 816,94 points. Toutefois, sur l'ensemble du mois, la Bourse de Paris a abandonné 8,90%, sa plus mauvaise performance mensuelle depuis mars 2020, lorsqu'il s'était effondré de 17,21%. A cette époque, les marchés commençaient à prendre conscience de l'impact qu'aurait la Covid-19 sur l'économie mondiale.

La performance est un peu meilleure sur l'ensemble du premier trimestre avec un repli de 4,08%, grâce à un bon mois de février ( 5,59%).

Les autres places européennes ont également réussi à s'afficher dans le vert aujourd'hui, à l'image du DAX 40 à Francfort qui a repris 0,31%, ou encore du FTSE 100 à Londres qui a gagné 0,52%. En revanche, sur l'ensemble du mois ces deux indices affichent des baisses respectives de 10,49 et 6,69%.

Que ce soit sur les quatre dernières semaines ou sur la séance du jour, les marchés ont été impactés par la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences sur les prix de l'énergie qui font craindre une poussée inflationniste et donc un durcissement des différentes politiques monétaires des banques centrales un peu partout dans le monde.

D'ailleurs, les derniers chiffres de l'inflation publiés aujourd'hui vont dans ce sens. En France, selon des données préliminaires de l'Insee, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,9%, comme prévu, après une hausse de 0,6%. En rythme annuel, l'inflation s'affiche en progression de 1,7%, contre des attentes à 1,6% et après 0,9% un mois plus tôt. Cette remontée s'explique par le fort rebond des prix de l'énergie ( 7,3% sur un an, après -2,9% en février), en particulier ceux des produits pétroliers.

Dans la zone euro, ce même indicateur a logiquement suivi la même trajectoire avec une progression en rythme annuel de 2,5%, contre 1,9% un mois auparavant. Comme l'Insee, Eurostat, qui publie ces données, a estimé que l'énergie devrait connaître le taux de croissance annuel le plus élevé en mars avec 4,9%, contre -3,1% en février.

Pour revenir au conflit au Moyen-Orient, au niveau des nouvelles encourageantes, Pete Hegseth, le ministre américain de la Défense, a indiqué lors d'une conférence de presse que les discussions avec l'Iran s'intensifiaient. En revanche, de son côté, Donald Trump a directement visé la France sur son réseau social. Le président des Etats-Unis a annoncé que l'Hexagone avait refusé le survol de son territoire à des avions chargés de fournitures militaires à destination d'Israël. Il a ajouté : "la France a été très peu coopérative concernant le "Boucher de l'Iran", qui a été éliminé avec succès ! Les Etats-Unis s'en souviendront".

Sur le marché des devises, l'euro remonte face au billet vert ( 0,60%), il se négocie à 1,1525 dollar.

Du côté des matières premières, le prix du baril de pétrole reflue. Le WTI cède 1,46%, à 104,63 dollars, tandis que le Brent de la mer du Nord perd 1,21%, à 107,38 dollars.

Les autres statistiques et les actualités sociétés

Aux Etats-Unis, l'indice PMI de Chicago, qui mesure le niveau de l'activité manufacturière dans cette région des Etats-Unis a reculé nettement plus que prévu en mars. Il s'est installé à 52,8 points, contre des attentes à 54,8 et un précédent à 57,7 points. A 52,8 points, il est à son plus bas niveau depuis décembre 2025.

En revanche, la confiance des consommateurs calculée par le Conference Board s'est améliorée alors qu'une dégradation était redoutée. Elle a progressé de 91 point en février, à 91,8 en mars, alors que les analystes tablaient sur un repli à 87,8 points.

Au niveau des sociétés, Alstom a été particulièrement entouré et le titre s'est offert un bond de 5,39%. Le groupe a engrangé un nouveau contrat systèmes au sein de la région AMECA, dans le cadre d'un consortium, pour une valeur totale du projet de 2,75 milliards de dollars. La part du groupe français est d'environ 30%, soit 700 millions d'euros.

Bien orienté également, Getlink a progressé de 3,51%. L'exploitant du tunnel sous la Manche a vu l'un de ses principaux actionnaires se renforcer au capital. Il s'agit de la société italienne Mundys, une société italienne spécialisée dans les infrastructures, et contrôlée par Edizione, la holding de la famille Benetton. Mundys va accroître sa participation de 3,5% pour la porter à 19% et pourrait prendre 6% supplémentaires si elle obtient les autorisations nécessaires.

A l'inverse, dans le rouge, Eutelsat a trébuché de 3,31%. Selon Reuters, le groupe est en discussions avec l'Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) pour ses futurs lancements de satellites.

Solutions30 s'est effondré de 14,51% après la présentation de résultats 2025 en nette dégradation, marqués notamment par le creusement de la perte nette part du groupe de 15,8 à 60,7 millions d'euros.

En repli également, Casino a cédé 4,12%. Si lors de sa publication de résultats, le groupe a dévoilé une nette amélioration de sa rentabilité, les investisseurs s'inquiètent surtout de la situation financière de la société qui devrait dévoiler un plan de restructuration financière selon AlphaValue, avec à la clé un risque de dilution significative.

Au Royaume-Uni, Unilever a perdu 7,28%, après avoir confirmé être en discussions avancées avec McCormick (qui cédait 5,37% à Wall Street au moment de la clôture européenne) en vue d'un regroupement de la plupart de ses activités dans l'alimentaire, afin de se concentrer sur l'hygiène et la beauté.