La Nouvelle-Zélande veut interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans information fournie par Reuters 24/08/2026 à 10:25
Le Premier ministre néo-zélandais, Christopher Luxon, a déclaré lundi que son parti allait présenter au Parlement un projet de loi visant à interdire aux enfants de moins de 16 ans d'utiliser les réseaux sociaux, la Nouvelle-Zélande étant le dernier pays en date à vouloir prendre des mesures en la matière.
Ce projet de loi obligerait les plateformes de réseaux sociaux à prendre des mesures pour vérifier l'âge des utilisateurs, en s'appuyant notamment sur des informations existantes liées aux comptes, la reconnaissance faciale et des documents d'identité numériques.
En cas de non-respect de l'interdiction, elles risquent des amendes pouvant atteindre 10% de leur chiffre d'affaires mondial.
"Nous ne pouvons tout simplement pas accepter les dommages causés à toute une génération d'enfants néo-zélandais", déclare Christopher Luxon, cité dans un communiqué.
"Les réseaux sociaux les exposent à des contenus préjudiciables, à une technologie addictive et à des pressions auxquelles ils ne sont pas préparés à faire face, ce qui affecte leur vie familiale, leur santé mentale, leur sommeil et leur éducation", poursuit-il.
En décembre 2025, l'Australie est devenue le premier pays à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Depuis, de nombreux Etats comme le Royaume-Uni, l'Espagne, la Pologne, la Turquie, le Brésil, l'Indonésie ont dit envisager des restrictions similaires.
La France est devenue en juillet le premier pays européen à avoir mené au bout son processus législatif sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et la mesure devait entrer en vigueur à la rentrée scolaire de septembre.
Mais, il y a dix jours, le Conseil constitutionnel a censuré cette loi, jugeant qu'elle portait "une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression" et ne garantissait pas le droit au respect de la vie privée.
OPPOSITION DE L'UN DES MEMBRES DE LA COALITION AU POUVOIR
Malgré l'annonce du Premier ministre néo-zélandais, il n'est pas certain que le projet de loi puisse être adopté par le Parlement, étant donné l'opposition affichée de l'un des partenaires de coalition de Christopher Luxon, le parti populiste de droite New Zealand First.
La coalition gouvernementale est composée du parti de droite Le Parti National, dont est issu Christopher Luxon, qui compte le plus de sièges au Parlement, du parti libéral ACT New Zealand et de New Zealand First (Nouvelle-Zélande d'abord), parti fondé en 1993 par Winston Peters, un ancien du Parti National.
"Nous sommes préoccupés par ce projet de loi, ainsi que par la direction qu'il prend et la pente glissante sur laquelle une législation de ce type mènera inévitablement notre pays", a Winston Peters, qui est également ministre des Affaires étrangères, dans un message publié sur la plate-forme X.
Pour ce dernier, la décision de l'Australie de bloquer l'accès aux moins de 16 ans à des plateformes telles que TikTok,
GOOGL.O (YouTube) d'Alphabet et META.O (Instagram et Facebook) de Meta a été un "échec colossal".
Des chiffres du gouvernement australien, ainsi que de nombreuses études indépendantes, ont montré que plus de huit jeunes de moins de 16 ans sur dix étaient encore présents sur les réseaux sociaux au cours des trois premiers mois de l'interdiction.
"Je ne vais pas prétendre que ce sera simple ni que ce sera parfait. Nous ne parviendrons pas à éloigner tous les enfants des réseaux sociaux. Certains trouveront toujours des moyens de contourner la règle, mais franchement, c'est tout simplement trop important pour ne pas au moins essayer", a dit Christopher Luxon en réaction aux critiques à son projet de loi.
(Renju Jose et Alasdair Pal à Sydney, Version française Benoit Van Overstraeten; édité par Zhifan Liu)