par Stephen Nellis
CUPERTINO, 13 septembre (Reuters) - Plus de deux ans après
le lancement l'Apple Watch, Apple AAPL.O a finalement réussi à
transformer en réalité le vieux fantasme de science-fiction
d'une montre-téléphone, une avancée susceptible de doper ses
ventes, selon des analystes.
La série 3 de l'Apple Watch, présentée mardi en même temps
que le très attendu iPhone X, peut se connecter aux réseaux
mobiles de quatrième génération, ce qui le rend totalement
indépendant de l'iPhone pour passer ou recevoir des appels,
envoyer des SMS ou même accéder au service musical en streaming
du groupe. Sur les générations précédentes, pour réaliser ces
prouesses il fallait disposer d'un iPhone à proximité.
De Dick Tracy, comic strip policier américain à succès des
années 1930, à l'Inspecteur Gadget, en passant par Star Trek,
James Bond ou K2000, la montre-téléphone a capturé l'imaginaire
de plusieurs générations.
"Ce fut notre vision dès le début", a déclaré Jeff Williams,
directeur général délégué d'Apple, en présentant le produit
mardi à l'Apple Park, le nouveau siège en forme de vaisseau
spatial du groupe à Cupertino, en Californie.
"A présent, vous pouvez aller courir avec votre montre et
être toujours joignable. C'est superbe de savoir que vous pouvez
être contacté en cas de besoin", a-t-il ajouté.
CHEZ SAMSUNG DÈS 2014
Certes, depuis 2014, Samsung Electronics 005930.KS vend
des montres connectés dotées d'une connexion au réseau mobile,
mais ces modèles sont volumineux et disposent d'une batterie de
faible autonomie en raison d'une importante consommation
énergétique pour la transmission des données. Ils ont également
besoin d'un numéro de téléphone supplémentaire.
Selon Apple, la nouvelle montre dispose d'une autonomie en
usage de 18 heures et est à peine plus épaisse que la génération
précédente. Elle utilise le même numéro de téléphone que celui
de l'iPhone avec lequel elle se synchronise au départ.
Le groupe californien a dit s'être associé avec les quatre
principaux opérateurs télécoms américains pour proposer des
services pour sa montre. AT&T T.N et T-Mobile US TMUS.O
factureront leurs services à 10 dollars par mois.
La plupart des analystes estiment que la nouvelle montre
devrait doper les ventes grâce à sa compatibilité avec les
réseaux mobiles, mais ils divergent sur le volume des ventes.
À 399 dollars, l'équivalent de 333 euros, la série 3 de
l'Apple Watch est à peine plus chère que le modèle précédent
proposé 329 dollars, le premier à intégrer un GPS autonome.
"La troisième version fait le charme de la montre", note Bob
O'Donnell, de Techanalysis Research.
ABONNEMENT SUPPLÉMENTAIRE
Ce sont les frais mensuels récurrents, largement supérieurs
aux 70 dollars d'écart entre les deux versions, qui pourraient
freiner à terme l'ardeur des consommateurs, estime pour sa part
Brian Blau, analyste qui couvre Apple pour Gartner.
"Oui, il faudra payer cet abonnement supplémentaire, même si
les opérateurs devraient se montrer raisonnables",
explique-t-il.
Depuis le lancement de l'Apple Watch en avril 2015, Apple
n'a jamais communiqué de chiffre de ventes pour sa montre
connectée.
Toni Sacconaghi, analyste chez Bernstein, estime que le
groupe écoulera 12 millions de montres pour son exercice fiscal
2017 et 14 à 15 millions d'exemplaires l'an prochain. Gene
Munster de Loup Ventures s'attend pour sa part à 26 millions
d'unités en 2018.
Avec la série 3, Apple accroît la pression sur ses
concurrents comme Fitbit FIT.N et Garmin GRMN.O , désormais
contraints de rivaliser techniquement avec ce modèle.
Mais Fitbit estime disposer encore d'une marge de manoeuvre
suffisante face à Apple car l'Apple Watch s'adresse toujours aux
utilisateurs déjà équipés d'un iPhone et n'est pas compatible
avec le système d'exploitation de Google, filiale d'Alphabet
GOOG.O .
"Android représentant environ 80% du marché mondial des
smartphones, une large compatibilité reste un élément de
différenciation pour Fitbit", a fait valoir la société dans un
communiqué adressé à Reuters.
Sollicité, Garmin n'était pas disponible dans l'immédiat
pour un commentaire.
Même en cas d'énorme succès de la montre, l'impact sur le
chiffre d'affaires total d'Apple restera négligeable car
l'iPhone représentait l'an dernier 63% des 215 milliards de
dollars de ventes réalisés par le groupe.
(Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique
Tison)