La guerre en Iran pousse Lactalis à revoir ses prix à la hausse
information fournie par Reuters 16/04/2026 à 18:04

par Sybille de La Hamaide

Lactalis, premier groupe laitier mondial, a prévenu jeudi d'une hausse à venir de ses prix en raison de la guerre en Iran, qui a provoqué une hausse des coûts de l'énergie, du transport et de l'emballage et bloqué certaines expéditions.

"Nous devrons répercuter ces coûts auprès de nos clients. Ce sera l'enjeu de 2026", a déclaré le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, lors de la présentation des résultats de l'entreprise en Espagne.

L'augmentation des prix des produits Lactalis, qui commercialise des marques telles que Président, Galbani et Lactel, serait de "quelques pour cent", a-t-il précisé, soit bien en-deça de la hausse de l'ordre de 20% à 25% mise en oeuvre en 2022-2023 à la suite de la crise énergétique consécutive à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en mars leur plus haut niveau depuis septembre et devraient continuer à augmenter si la guerre au Moyen-Orient, qui a déclenché une flambée des cours de l'énergie, venait à se prolonger, a averti au début du mois l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Le conflit en Iran a contraint Lactalis à détourner ses cargaisons du détroit d'Ormuz, un point de passage crucial pour le commerce mondial.

Le groupe tente de trouver de nouvelles voies pour ses expéditions mais fait face à une forte augmentation de la demande de transports alternatifs et à une flambée des tarifs maritimes, a dit Emmanuel Besnier à Reuters.

Par ailleurs, plusieurs cargaisons transportant des produits frais Lactalis tels que du beurre et de la crème ont été bloquées en mer ou dans des ports en raison de la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz et risquent d'être perdues si les dates de péremption sont dépassées, a ajouté le dirigeant de Lactalis.

En 2025, l'entreprise familiale fondée en 1933 a réalisé un chiffre d'affaires de 31,2 milliards d'euros, en hausse de 2,9% sur un an. Le bénéfice net a progressé à 528 millions d'euros contre 359 millions un an plus tôt.

(Reportage de Sybille de La Hamaide ; version française Blandine Hénault, édité par Benoit Van Overstraeten)