La guerre au Moyen-Orient fait sentir ses effets sur l'inflation
information fournie par Zonebourse 31/03/2026 à 14:29

La guerre au Moyen-Orient fait sentir ses effets sur l'inflation dans la zone euro, au vu des données dévoilées ce matin par Eurostat, amenant les économistes à s'interroger sur la position de la BCE dans ce contexte.

Selon des données préliminaires du mois de mars, l'indice des prix à la consommation dans la zone euro a augmenté de 1,2%, contre 0,6% seulement en février, portant la hausse en rythme annuel à 2,5%, là où les analystes tablaient sur 2,6%, après 1,9% un mois plus tôt.

Commerzbank pointe une légère baisse du taux d'inflation sous-jacente

"Cela était exclusivement dû à la hausse des prix des produits énergétiques tels que l'essence et le fioul à la suite de la guerre d'Iran", met en avant Commerzbank, qui pointe la légère baisse du taux d'inflation sous-jacente à 2,3% (contre 2,4% en consensus).

Eurostat, qui a publié ces données ce matin, a précisé que l'énergie aurait le taux annuel le plus élevé en mars avec 4,9% (après -3,1% en février), devant les services ( 3,2%), l'alimentation, l'alcool et le tabac ( 2,4%) et les biens industriels non énergétiques ( 0,5%).

"Malgré la hausse des prix de l'énergie, les taux d'inflation réels en mars sont les plus cohérents avec le scénario le plus modéré de la BCE, ce qui suggère qu'elle est peu susceptible de relever ses taux clés à plusieurs reprises, comme le prévoit le marché", estime Commerzbank.

La BCE a déjà adopté une posture plus offensive, selon CPRAM

"La BCE a déjà adopté une posture plus offensive et les anticipations de taux directeurs se sont déjà ajustées", estime pour sa part CPRAM, dans une note où il reconnaît lui aussi que les premiers effets de la guerre en Iran se font sentir.

"La répercussion des hausses des prix du pétrole et du gaz sur les prix des carburants et de l'électricité va se poursuivre même si certains pays ont adopté des mesures pour en limiter l'impact", prévient d'ailleurs la société de gestion.

DWS n'attend pas de décisions monétaires précipitées

"Ce n'est pas le choc des prix de l'énergie en lui-même qui est déterminant, mais plutôt les effets de second tour potentiels sur l'inflation qui pourraient en découler", pointe de son côté DWS, rappelant des propos de Christine Lagarde la semaine passée.

"Dans ce contexte, nous ne nous attendons pas à des décisions monétaires précipitées de la part de la BCE. Nous pensons toujours qu'une approche attentiste reste la meilleure option pour le moment", poursuit DWS.