La France se prépare à une manifestation "à risque très élevé", le gouvernement promet la fermeté
information fournie par Reuters 31/10/2026 à 14:24

Manifestation contre le coût de la vie et la hausse des prix du carburant, à Paris

La France se préparait samedi à une nouvelle journée de manifestations contre la vie chère et pour l'amélioration des conditions ‌d'étude des lycéens dans un contexte de tensions après les scènes de violence qui ont marqué les mobilisations du 17 octobre, et dans une moindre mesure, celles du 24 octobre.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le Conseil d'Etat a donné ​raison au préfet de police de Paris et au gouvernement en validant le parcours du cortège de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton, rejetant ainsi le parcours entre Bastille et Nation défendu par les syndicats.

Dans l'ordonnance du Conseil d'Etat consulté par Reuters, cette décision est motivée notamment par l'existence d'"un risque très élevé de nouveaux troubles majeurs à l'ordre public".

La veille, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait également dit anticiper pour ce samedi en France un "risque très élevé ​de trouble à l'ordre public". Il a annoncé le déploiement de 70.000 membres des forces de l'ordre dans tout le pays, comme une semaine plus tôt, après avoir dit en début de semaine que tout le monde était mobilisé pour assurer une réponse extrêmement ferme à tout incident.

Ce samedi coïncidant avec la fête de Halloween, ​le ministre a rappelé que, concernant les déguisements, "depuis une loi de 2019 le fait de se dissimuler le visage dans ⁠une manifestation au cours de laquelle sont commis les troubles à l'ordre public ou au cours de laquelle on a de bonnes raisons de penser que des troubles à l'ordre public seront commis constitue un délit".

Le ‌24 octobre, 410.000 personnes avaient manifesté dans toute la France, dont 110.000 à Paris, selon Beauvau, sans incident majeur une semaine après les violences et pillages qui avaient accompagné une première journée de mobilisation contre la vie chère et en soutien à la contestation lycéenne et étudiante le 17 octobre.

PRINCIPAUX DÉVELOPPEMENTS:

13h04 - Les contrôles se poursuivent dans les gares de Paris et de sa petite couronne ​sous l'autorité de la préfecture de police, peut-on lire sur le compte X de la ‌Préfecture de police, qui note à ce stade plus de 1.200 contrôles réalisés.

12h58 - "J'irai porte de Bagnolet, répondant à l'appel des syndicats de lycéens, d'étudiants, des confédérations syndicales des ⁠salariés et des Gilets jaunes. Avec les insoumis, nous soutiendrons les revendications pour des conditions d'études décentes et contre la vie chère", écrit sur le réseau social X Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise (LFI) et candidat à l'élection présidentielle d'avril prochain.

12h50 - De 100.000 à 150.000 manifestants sont attendus ce samedi à Paris, rapporte BFMTV, citant une source policière.

12h45 - L'intersyndicale d'Ile-de-France appelle à manifester à 14 heures au départ de la porte de Bagnolet, rapporte BFMTV, citant un communiqué de la CGT.

101h01 - ⁠Quelque 150 rassemblements sont prévus à travers la France, ‌indique le ministère de l'Intérieur.

10h53 - Dans le cadre de manifestations et de troubles à l'ordre public, les masques et déguisements dissimulant le visage restent interdits, relaie sur le réseau social X la ⁠préfète de la Nouvelle Aquitaine et de la Gironde.

"Ne portez ni arme ni objet susceptible d'être utilisé comme une arme, y compris dans le cadre d'un déguisement, lorsque la réglementation l'interdit", ajoute-elle.

10h47 - La RATP (Régie autonome des transports parisiens) indique sur son ‌site internet qu'en raison de manifestations sur la voie publique, certaines lignes de bus sont susceptibles d'être déviées ou limitées, tandis que concernant le métro et le RER le trafic est interrompu partiellement sur plusieurs ⁠lignes, certaines stations étant fermées.

10h30 - "Il résulte de l'instruction (...) qu'il existe un risque très élevé qu'après les débordements et les

violences (...) qui ont accompagné, à Paris, la journée de ⁠mobilisation du samedi 17 octobre 2026 (...), les affrontements

survenus en fin ‌de parcours de la manifestation du samedi 24 octobre 2026, que de nouveaux troubles majeurs à l'ordre public se produisent le samedi 31 octobre 2026 en marge des cortèges autorisés", peut-on lire dans l'ordonnance du Conseil d'État.

09h11 - "Pour les mobilisations de ​ce 31 octobre, un dispositif de sécurité est déployé sur tout le territoire afin de protéger les manifestants, les commerçants et les riverains", ‌écrit le ministère de l'Intérieur sur le réseau social X.

"En ce 31 octobre, 70.000 policiers et gendarmes sont mobilisés partout en France pour assurer la sécurité des rassemblements et prévenir tout débordement."

"Depuis hier soir, des contrôles sont organisés comme ici à Grigny (91), notamment sur les axes ​routiers, aux abords des gares et dans les centres-villes, afin de détecter et saisir tout objet susceptible d'être utilisé pour commettre des violences ou des dégradations. À Mulhouse (68), 175 engins pyrotechniques ont été saisis."

08h45 - "Le Conseil d'État valide la stratégie de désorganisation du ministère de l'Intérieur et de la préfecture de police", déclare sur BFMTV Adèle Tellez, co-secrétaire de la CGT Paris.

"Il nous semble que c'est très inquiétant (...) Il est évident qu'en annonçant ce matin que le départ sera Porte de Bagnolet, ⁠le départ imposé, de nombreux manifestants ne seront pas au courant d'ici cet après-midi et se rendront à Bastille. Ceci va totalement désorganisé la journée", ajoute-t-elle.

08h35 - "Le Conseil d'État a annulé cette nuit la décision du tribunal administratif qui suspendait l'arrêté d'interdiction partiel de la manifestation déclarée pour cet après-midi", écrit le ministère de l'Intérieur sur le réseau social X.

"La juridiction valide la nécessité de cet itinéraire alternatif de la porte de Bagnolet jusqu'à la porte de Charenton, considérant qu'il préserve la pleine liberté de manifester ainsi que la visibilité des revendications sur un parcours sécurisé, en limitant les risques d'exactions en marge du rassemblement et dans les autres lieux de la capitale".

"Pour la sécurité de tous, la préfecture de Police invite donc les personnes souhaitant manifester à rejoindre cet itinéraire."

08h30 - Le Conseil d'État annule la décision du tribunal administratif autorisant le parcours à Paris entre Bastille et Nation et se range du côté de celui imposé par la préfecture de police, entre la ​porte de Bagnolet et la porte de Charenton, selon plusieurs médias.

(Rédaction de Paris)