La France flirte avec la récession, le CAC 40 reste impassible information fournie par Zonebourse 30/10/2026 à 11:58
Les mouvements sont limités en Europe pour cette dernière séance de la semaine et du mois d'octobre. Paris semble s'être figé à son point d'équilibre, à 7 970 points, tandis que Londres grappille difficilement 0,2%. En revanche, Francfort cède 0,6%, plombé par le recul de plusieurs poids lourds de la cote : Siemens Energy recule de 5,7%, tandis qu'Infineon abandonne 4,2%.
Après les résultats peu reluisants publiés ces dernières heures par Meta, Alphabet ou Amazon, un (énième) mouvement d'aversion pour les valeurs technologiques a traversé l'Atlantique en un clin d'oeil.
Le secteur européen des puces part ainsi en moonwalk avec des baisses de 3,7% pour STMicro, 5,3% pour BESI et ASML, ou encore -6,4% pour Soitec. D'autres valeurs tricolores liées aux technologies, comme Schneider Electric et Legrand, figurent également parmi les plus fortes baisses du CAC 40, à respectivement -2,9% et -2,8%.
L'indice parisien parvient toutefois à garder la tête hors de l'eau grâce à Sanofi ( 4,9%), qui a dévoilé des résultats financiers en forte accélération au troisième trimestre 2026. EssilorLuxottica ( 3%) et Danone ( 2,9%) complètent le podium parisien à mi-séance.
Une série de statistiques à digérer
Côté macroéconomie, la BCE a sans surprise maintenu hier ses taux directeurs inchangés. Le Conseil des gouverneurs (CG) a débattu de l'orientation de la politique monétaire, mais a décidé à l'unanimité de ne pas agir, l'inflation sous-jacente et les salaires étant restés globalement stables jusqu'à présent.
Cette décision est une bonne nouvelle pour l'Hexagone, d'autant que l'économie française s'est légèrement contractée au troisième trimestre 2026, avec un PIB en baisse de 0,1%, après une stagnation au trimestre précédent, indique l'Insee ce vendredi.
Par ailleurs, la consommation des ménages français en biens a diminué de 0,5% en septembre 2026, après un recul identique en août, tandis que les prix à la consommation en France ont augmenté de 3,4% sur un an en octobre 2026, marquant ainsi une accélération après une hausse annuelle de 3,1% observée en septembre.
France-Allemagne : 160 points
Le contraste avec l'économie allemande est saisissant : l'Allemagne a affiché une croissance de 0,2% de son produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre, une performance supérieure à la prévision moyenne de 0,1% établie par les analystes.
Commerzbank estime néanmoins que les moteurs habituels de la croissance allemande font défaut, pointant notamment le recul des investissements des entreprises en machines et équipements, mais aussi les droits de douane imposés par Donald Trump et la forte pression concurrentielle chinoise. "En principe, l'économie allemande devrait continuer de progresser au cours des prochains trimestres, mais à un rythme modéré", jugent les analystes.
Cet écart de performance entre les deux premières économies de la zone euro se lit aussi dans le "spread", soit l'écart entre les rendements des obligations souveraines à 10 ans des deux pays. Concrètement, Paris emprunte actuellement à 4,94% sur 10 ans, quand Berlin bénéficie d'un taux de 3,34%, soit un spread de 160 points de base, qui témoigne de la défiance des marchés pour la signature hexagonale.
L'actualité des valeurs
Sanofi a enregistré une progression de 14,3% à taux de change constants de son CA, pour atteindre 14,44 milliards d'euros ( 16,2% en données publiées). La dynamique a été largement alimentée par le médicament vedette Dupixent.
Crédit Agricole a dévoilé un résultat net part du groupe en hausse de 17,9% à 1,99 MdEUR au titre du 3e trimestre 2026, avec un coût du risque en hausse de 19,6% à 585 MEUR, mais un résultat brut d'exploitation (RBE) en progression de 14,6% à 3,16 MdsEUR.
De son côté, Capgemini indique viser désormais une croissance à taux de change constants de son chiffre d'affaires de 9,0% à 9,5% pour l'ensemble de son exercice 2026, contre une prévision précédente de l'ordre de 8,5% à 9,0%.
Ailleurs en Europe, après avoir grimpé de 4,19% hier, le titre Bayer poursuit sur sa lancée ce vendredi ( 3,97%, à 49,86 EUR), soutenu par la décision d'un jury d'un tribunal du Missouri qui a rendu un verdict unanime en faveur de Monsanto.
Puma fait part d'une perte des activités poursuivies de 54,9 MEUR au titre du 3e trimestre 2026, contre une perte de 62,4 MEUR un an auparavant, ainsi que d'un EBIT ajusté de 0,4 MEUR, contre 26,3 MEUR sur la même période en 2025.
BP a dégagé un bénéfice ajusté au coût de remplacement de 8,46 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, contre 5,73 MdsUSD au trimestre précédent et 2,21 MdsUSD un an plus tôt.