La fragilité du cessez-le-feu plombe les Bourses européennes
information fournie par Zonebourse 09/04/2026 à 12:09

L'euphorie de mercredi aura été de courte durée pour les places européennes : après l'avoir acclamé, les investisseurs prennent manifestement conscience de la grande fragilité du cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l'Iran.

Un peu avant 12h00, le CAC 40 s'inscrit en baisse d'environ 0,8%, vers 8 197 points, tandis que l'indice paneuropéen Stoxx Europe 50 recule de 0,9%, que le FTSE 100 de Londres cède 0,3%, et que le DAX 40 de Francfort lâche 1,2%.

Un cessez-le-feu toujours très fragile...

L'Iran a accusé mercredi soir les États-Unis d'avoir déjà violé le cessez-le-feu, pointant notamment la poursuite des attaques israéliennes contre le Liban et l'intrusion d'un drone dans l'espace aérien iranien.

Surtout, la conclusion d'un accord de paix définitif semble à ce stade très loin d'être acquise, au vu des divergences de positions entre Washington et Téhéran, en particulier concernant la volonté de l'Iran de poursuivre l'enrichissement de l'uranium.

Aussi, la peur de voir la guerre s'éterniser domine de nouveau les échanges, avec pour corollaire les craintes concernant ses effets sur la croissance économique, l'inflation et l'évolution des politiques monétaires des banques centrales.

"Avec des négociations qui restent toujours fragiles et des tensions régionales qui sont loin d'avoir été résolues, les marchés semblent être en train de passer d'un scénario basé sur un choc énergétique à un régime marqué par davantage de volatilité", estime Jefferies.

...ce qui freine la décrue des cours du pétrole

Le broker américain souligne en effet que les prix du pétrole brut (actuellement autour de 97 USD le baril sur le WTI et le Brent) n'ont pas retrouvé leurs niveaux d'avant la guerre, "même si leur potentiel de hausse apparaît aujourd'hui plus limité".

Dans ce contexte où les tensions sur le pétrole font revenir la question de l'inflation sur le devant de la scène, les investisseurs devraient se montrer attentifs, vendredi, à l'indice des prix à la consommation (CPI) américain pour le mois de mars.

En attendant, ils doivent prendre connaissance, en début d'après-midi, de l'indice des prix PCE pour février, en marge des revenus et dépenses des ménages américains, ainsi que d'une dernière estimation du PIB américain pour le 4e trimestre 2025.

Une production industrielle allemande en léger repli en février

Toujours au chapitre des statistiques, on notera qu'en Allemagne, la production industrielle s'est tassée de 0,3% et que le surplus commercial s'est replié légèrement à 19,8 MdsEUR en février par rapport au mois précédent.

"L'industrie allemande peine à prendre de l'ampleur. La baisse de 0,3% de la production industrielle en février sur une base mensuelle suggère un recul au 1er trimestre 2026 par rapport au 4e trimestre 2025", réagit Commerzbank.

"Les tendances récentes des nouvelles commandes pour les usines offrent peu d'espoir que l'économie bénéficie bientôt d'un élan supplémentaire significatif du secteur industriel", poursuit la banque allemande.

Vallourec entouré après un gros contrat

Sur le front des valeurs à Paris, Vallourec gagne 4,6% et prend la tête du SBF 120 après avoir décroché un contrat de cinq ans avec Fervo Energy pouvant atteindre 800 MUSD, devenant l'unique fournisseur de tubes VAM pour la révolution géothermique américaine.

Rexel gagne 1,7%, le distributeur de matériel électrique bénéficiant d'un relèvement de recommandation de Jefferies, qui passe de "conserver" à "acheter" avec un objectif de cours porté de 32 à 43,10 EUR.

Lanterne rouge du SBF 120, Exosens lâche 4,4% après la cession mercredi soir d'un bloc de 2,25 millions d'actions (soit environ 4,4% du capital) par un actionnaire inconnu, à 64,40 EUR par action, soit une décote de l'ordre de 4% sur le cours de clôture de mercredi.