La flambée du carburant renchérit les vols long-courriers d’environ $100, selon une étude
information fournie par Reuters 21/04/2026 à 12:41

Aéroport international Ferenc Liszt de Budapest

Les perturbations de l'approvisionnement mondial en pétrole ‌liées à la guerre en Iran renchéri le coût des vols long-courriers au départ de l'Europe de plus ​de 100 dollars (85,04 euros) une hausse susceptible d'entraîner une augmentation des prix des billets, selon une analyse publiée mardi par Transport & Environment (T&E).

La flambée des prix du kérosène a entraîné une hausse significative du coût du carburant, ​de 88 euros par passager sur les vols long-courriers au départ de l'Europe et de 29 euros sur les vols intra-européens, a précisé T&E.

Cette ​analyse compare les prix au 16 avril avec ceux ⁠observés juste avant le début de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l'Iran, le 28 ‌février.

Le carburant pour un vol de Barcelone à Berlin coûterait 26 euros de plus par passager, tandis qu'un trajet long-courrier de Paris à New York verrait son coût ​en carburant augmenter de 129 euros par ‌passager, selon l'analyse de T&E.

Les compagnies aériennes européennes se préparent à une saison ⁠printemps-été difficile, les prix du carburant aviation ayant dépassé largement les 100 dollars le baril depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

En outre, des inquiétudes grandissent quant à d'éventuelles pénuries pouvant entraîner des annulations de vols.

L'Union ⁠européenne doit publier mercredi ‌des lignes directrices sur la gestion d’un approvisionnement limité en carburant aviation.

T&E a calculé ⁠la consommation moyenne de carburant sur l'ensemble des vols au départ de l'Europe, puis l'a divisée par le ‌nombre de passagers au départ afin d'estimer l'impact de la hausse des prix du carburant ⁠sur le coût par personne.

Les dirigeants de compagnies aériennes telles que Lufthansa, Ryanair ⁠et Air France-KLM ont déclaré ‌en mars qu'ils pourraient répercuter la hausse des coûts du carburant sur les consommateurs si le détroit d'Ormuz ​restait fermé à long terme.

T&E a indiqué que ses ‌calculs montraient que les coûts supplémentaires liés à la flambée des prix du carburant étaient bien supérieurs à ceux auxquels les compagnies ​sont confrontées pour se conformer aux politiques climatiques de l'UE.

"La crise au Moyen-Orient prouve que notre véritable vulnérabilité réside dans un réservoir rempli de pétrole étranger, et non dans les lois conçues pour y ⁠remédier", a déclaré Diane Vitry, directrice du secteur aérien chez T&E.

Les compagnies aériennes ont appelé à un assouplissement de certaines politiques climatiques de l'UE, notamment l'obligation d'utiliser du carburant aviation "vert" synthétique d'ici 2030, ainsi qu'à une révision des futures règles de tarification du carbone.

Dans le cadre de son dispositif, l'UE s'apprête à promouvoir l'indépendance énergétique par le biais d'investissements accrus dans le carburant d'aviation vert.

(Reportage Kate Abnett et Joanna Plucinska, version française Elena ​Smirnova, édité par Benoit Van Overstraeten)