La flambée des rendements obligataires met en évidence l'urgence d'un assainissement budgétaire selon le FMI information fournie par Reuters 14/10/2026 à 07:35
Le Fonds monétaire international (FMI) a exhorté mercredi les pays à prendre des mesures urgentes pour réduire les dépenses publiques, diminuer les déficits et alléger la dette, avertissant que tout retard dans ces efforts ne ferait que compliquer la tâche dans les années à venir.
Rodrigo Valdes, directeur du département des finances publiques du FMI, a notamment averti que la récente flambée des rendements de la dette souveraine accentue les pressions budgétaires, à un moment où la dette publique moyenne est sur le point d'atteindre 100% du produit intérieur brut (PIB), un niveau sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.
"Les résultats budgétaires de cette année sont pires que prévu il y a six mois et pires qu'il y a un an", a-t-il déclaré lors d'un entretien accordé à Reuters avant les réunions du FMI et de la Banque mondiale qui se tiennent cette semaine à Bangkok.
De plus, a-t-il souligné, la plupart des pays envisagent désormais d'augmenter leurs dépenses plutôt que de se serrer la ceinture.
"Plus les pays attendent, plus l'ajustement sera douloureux", a également renchéri le FMI dans un billet de blog publié mercredi.
La flambée des prix du pétrole dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, une demande d'investissement plus soutenue et une croissance du secteur de l'IA plus forte que prévu ont entraîné une forte hausse des rendements souverains à long terme ces derniers mois.
La France a été particulièrement touchée par ces tensions ces dernières semaines, alors qu'elle peine à maîtriser son déficit budgétaire, supérieur à 5% du produit intérieur brut (PIB).
Le rendement moyen des obligations d'État des pays du G7 à 10 ans a quant à lui progressé de plus de 110 points de base entre février et septembre, atteignant son plus haut niveau en près de vingt ans, selon le FMI.
L'organisation estime en outre que le coût moyen effectif du financement public devrait atteindre 3,7% d'ici 2031, contre 2,3% en 2021.
Pour aggraver encore la situation, les gouvernements des économies avancées refinancent de plus en plus leur dette à des échéances plus courtes, ce qui fait que la hausse des rendements se répercute plus rapidement sur les dépenses publiques, ajoute le FMI.
Les banques centrales maintiendront probablement des taux d'intérêt plus élevés pendant plus longtemps en raison de l'inflation, ce qui, à son tour, limiterait la capacité des gouvernements à faire face aux ralentissements économiques.
"Le moment est venu (...) C'est malheureusement une fatalité. Il n'y a pas d'échappatoire à cette dynamique budgétaire", a déclaré Rodrigo Valdes.
(Reportage d'Andrea Shalal ; Version française Diana Mandia, édité par Benoit Van Overstraeten)