La droite perd Nîmes où un prof communiste s'impose face au RN
information fournie par AFP 22/03/2026 à 23:33

Vincent Bouget, candidat de l'Union de la gauche (hors LFI) à la mairie de Nîmes, fait une déclaration après l'annonce des résultats officiels au QG de campagne, à l'issue du 2e tour des municipales, le 22 mars 2026 à Nîmes, dans le Gard ( AFP / Gabriel BOUYS )

C'était une des dernières grandes villes LR: à Nîmes, un professeur communiste, Vincent Bouget est le grand vainqueur d'une élection très incertaine, sur laquelle le RN espérait gagner avec Julien Sanchez, ancien maire de Beaucaire venu en voisin.

M. Bouget, à la tête d'une liste PCF/PS/Ecologistes, obtient 40,97% des voix dans une triangulaire l'opposant à M. Sanchez 37,52% et Franck Proust, le candidat de la droite, 21,51%, selon des résultats communiqués par la ville de Nîmes.

Au premier tour, M. Bouget et M. Sanchez étaient arrivés au coude-à-coude (30% chacun).

Au bar associatif "le Prolé", le communiste Vincent Bouget a levé les bras en signe de victoire, aux cris des militants "On a gagné, on a gagné". "Quand il y a de l'humain, ça paie", a réagi Matthieu Poitavin, 51 ans, prof d'occitan.

Vincent Bouget, candidat de l'Union de la gauche (hors LFI) à la mairie de Nîmes, avec des partisans après l'annonce des résultats officiels au QG de campagne, à l'issue du 2e tour des municipales, le 22 mars 2026 à Nîmes, dans le Gard ( AFP / Gabriel BOUYS )

Des centaines de personnes ont acclamé le nouveau maire de Nîmes, qui a versé quelques larmes, l'accompagnant en cortège jusqu'à la mairie. "C'est comme la Bastille!", dit une jeune fille dans la foule.

"Face à la tentation du repli, de la division, vous avez fait le choix de la solidarité. Nous allons faire de Nîmes une grande ville méditerranéenne qui compte", a lancé le maire élu depuis le balcon du premier étage de l'hôtel de ville, où il a été félicité par la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga.

"Dans les quartiers de la ville qui souffrent des trafics, nous allons rétablir la paix et la sécurité pour tous", a-t-il ajouté.

"On respire!", avoue Jean, 71 ans, qui vote à gauche depuis 50 ans. "Toute la journée, j'ai tourné en rond. Le RN, ça aurait été une catastrophe, pour les budgets, pour les locaux qu'on n'aurait plus eus", a ajouté ce militant associatif.

Car la menace RN était réelle sur la ville antique, avec la candidature de l'ex-maire de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez, venu en conquérant.

Vincent Bouget, professeur d'histoire-géographie de 46 ans, né à Nîmes dans une famille communiste, enseigne actuellement dans un lycée de la ville. Adhérent du PCF depuis plus de vingt ans, il en est le secrétaire départemental depuis 2014.

- Scénario de 1995 -

Babeth Bousquet, une sympathisante du communiste, 62 ans, a raconté à l'AFP: "Je suis allée à plusieurs réunions, je n'avais pas d'idée. Ce n'est pas lui qui parlait, il a pris les questions, puis il a fait une synthèse. Je me suis dit +Waouh+, ce gars il a un truc".

Vincent Bouget, candidat de l'Union de la gauche (hors LFI) à la mairie de Nîmes, s'adresse à ses partisans après l'annonce des résultats officiels au QG de campagne, à l'issue du 2e tour des municipales, le 22 mars 2026 à Nîmes, dans le Gard ( AFP / Gabriel BOUYS )

En 2020, il avait déjà mené une coalition de gauche aux élections municipales mais avait terminé en deuxième position au second tour, battu par le maire sortant Jean-Paul Fournier (LR).

"J'adresse mes félicitations républicaine à la liste élue, tout en annonçant le dépôt d'un recours en annulation de cette élection", a réagi Julien Sanchez, en évoquant notamment des "tracts mensongers et diffamatoires appelant à la haine envers le RN".

Vincent Bouget a réussi à réitérer le scénario de 1995 lorsqu'une droite fractionnée avait été battue par le communiste Alain Clary, dans cette ville de 150.000 habitants aux prestigieux monuments antiques mais dont des quartiers sont gangrénés par les trafics de drogue.

A Beaucaire, l'ancienne ville de Julien Sanchez, le RN Nelson Chaudon a remporté la mairie avec plus de 60% des voix. Le parti à la flamme a aussi réussi, dans le Gard, à prendre Bagnols-sur-Cèze avec 52,89% des voix pour sa candidate Pascale Bordes, et Agde (Hérault).