La dette américaine franchit pour la première fois les 40 000 milliards de dollars information fournie par Zonebourse 20/08/2026 à 08:24
La dette totale des Etats-Unis a franchi un cap historique, qui ne fait que renforcer les inquiétudes sur la soutenabilité des finances fédérales. Hausse des dépenses sociales, intérêts croissants et recettes insuffisantes accentuent une trajectoire budgétaire déjà sous forte tension.
La dette totale des Etats-Unis a dépassé pour la première fois 40 000 milliards de dollars. Selon le Trésor, elle atteignait mardi 40 047 milliards, dont 32 266 milliards de titres détenus par le public et 7 782 milliards de dette intra-gouvernementale.
En moins d'une décennie, la dette fédérale a plus que doublé : elle s'élevait à 19 950 milliards de dollars lors de la première investiture de Donald Trump, en janvier 2017. Environ un tiers de cette hausse est lié aux emprunts massifs engagés pendant la pandémie de COVID-19 sous Donald Trump puis Joe Biden.
La dette américaine a quadruplé en moins de vingt ans, alors que le pays n'avait franchi son premier millier de milliards de dollars qu'en 1981.
Ces chiffres donnent le vertige, mais ils ne prennent leur sens qu'une fois mesurés à l'aune de l'économie qui les porte. Avec un PIB attendu autour de 32 400 milliards de dollars cette année, les Etats-Unis pèsent à eux seuls environ un quart de la richesse produite sur la planète, très loin devant la Chine. Le vrai sujet, c'est l'évolution du rapport entre le rythme de développement du pays et celui de sa dette.
Une trajectoire que rien n'arrête pour le moment
Cette accélération inquiète les organismes de surveillance budgétaire. Le Committee for a Responsible Federal Budget avertit qu'une crise pourrait survenir si le Congrès ne corrige pas la trajectoire actuelle par des hausses d'impôts, des réductions de dépenses ou une combinaison des deux.
Les tensions se font également sentir sur le marché obligataire. Les rendements des emprunts à long terme ont atteint mardi leur plus haut niveau en près de vingt ans, les investisseurs réclamant une rémunération accrue pour absorber les importantes émissions de dette américaine. Pour tenter de réduire cette pression, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé le doublement du volume des rachats de titres arrivant à échéance entre dix et trente ans, à au moins 4 milliards de dollars par opération. Donald Trump a parallèlement renouvelé ses appels à une baisse des taux d'intérêt.
Les déséquilibres budgétaires restent toutefois profonds. Les Etats-Unis dépensent environ 7 000 milliards de dollars par an, dont 60% pour les programmes obligatoires comme la Social Security, Medicare, Medicaid et les prestations destinées aux anciens combattants. A cela s'ajoutent 1 100 milliards de dollars consacrés aux seuls intérêts de la dette.
Les choix budgétaires des deux dernières présidences ont encore alourdi la facture. La dette a augmenté de 8 400 milliards de dollars sous Joe Biden et de 11 600 milliards sur les deux mandats de Donald Trump jusqu'à présent. Selon le Congressional Budget Office, le "One Big Beautiful Bill Act", programme phare du second mandat de Trump, devrait à lui seul ajouter 4 700 milliards de dollars supplémentaires à la dette.
En données relatives, le ratio dette nette / PIB des Etats-Unis ressortait fin 2025 à 123,3%, entre ceux de l'Italie (137,1%) et de la France (115,6%). Cette année là, le déficit budgétaire américain s'établissait à 5,9% (1 775 MdsUSD), tandis que celui de la France ressortait à 5,1% (152,5 MdsEUR). La comparaison s'arrête toutefois là : les Etats-Unis s'endettent dans leur propre devise, qui est aussi celle du reste du monde, puisque le dollar représentait encore 57% des réserves de change officielles en début d'année et que le marché des Treasuries reste le plus profond et le plus liquide de la planète. C'est le "privilège exorbitant" de la célèbre formule de Valéry Giscard d'Estaing.