La défense rallume la mèche, les Bourses européennes s'envolent
information fournie par Zonebourse 02/07/2026 à 18:03

Après une entame de deuxième semestre bien timide hier, les marchés européens ont nettement accéléré aujourd'hui, Paris a même flirté avec les 8 500 points, avant de conclure à 8 474 points ( 1,65%). De leur côté, Londres et Francfort achèvent la séance sur des gains respectifs de 1,77% et 2,02%. La dynamique est largement soutenue par le secteur de la défense qui semble profiter d'un très net mouvement de rotation sectorielle en provenance des semi-conducteurs.

Un vent de confiance souffle sur les marchés européens : le CAC, le Footsie et le DAX ont inexorablement pris de l'altitude depuis l'ouverture.

L'indice parisien est notamment tiré par Thales ( 4,80%) ou Airbus ( 2,87%) qui profitent d'un mouvement massif de hausse dans les valeurs de la défense européenne avec 8,60% pour Saab, 8,55% pour Hensoldt, 7,33% pour CSG, 7,13% pour QinetiQ, 6,52% pour Leonardo, 6,36% pour Renk, 6,13% pour Rheinmetall, 6,12% pour Chemring, 5,45% pour BAE Systems ou encore 5,06% pour Dassault Aviation.

En revanche, tout le secteur des semi-conducteurs est dans le rouge : après avoir enregistré des croissances à deux ou trois chiffres de leurs titres en l'espace d'un trimestre, les investisseurs semble opérer une large rotation sectorielle pour revenir massivement sur la défense. Concrètement BESI lâche 6,96%, ASM International est à -5,62%, Soitec à -4,20%, ASML à -3,89%, Infineon à -1,99%... Même sanction outre-Atlantique avec -3,65% pour AMD, Micron et Qualcomm, -2,8% pour Intel ou même -7,5% pour GlobalFoundries.

Chez Pictet AM, on évoquait ce matin "des arbitrages de portefeuille", notamment à cette période de l'année où "les investisseurs institutionnels ont tendance à alléger leurs positions sur les actions qui ont le plus progressé depuis le début de l'année afin de se repositionner sur les obligations."

Sur le compartiment obligataire, justement, le rendement de l'OAT à 10 ans est à 3,59%, tandis que son équivalent allemand de même échéance est à 2,90%, soit un spread de 69 points de base.

"Nous sommes clairement face à un marché de flux où la macroéconomie et la géopolitique sont reléguées au second plan", note Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.

Kevin Warsh rassure quant à l'indépendance de la Fed

Les marchés semblent avoir été apaisés par le discours de Kevin Warsh, le patron de la Fed, qui s'est réuni hier avec ses homologues à Sintra (Portugal) pour évoquer la politique monétaire des banques centrales. Fraîchement désigné par Trump, le successeur de Powell s'est montré ferme dans sa bataille contre l'inflation (actuellement à 4,2% aux Etats-Unis, contre un objectif de 2%), et rassurant quant à son indépendance vis-à-vis de la Maison-Blanche.

Si Warsh s'est abstenu de donner des indications sur la politique future ("forward guidance"), les marchés ont retenu son commentaire selon lequel "les risques inflationnistes ont diminué". Néanmoins, la croissance de l'emploi aux Etats-Unis en juin est ressortie inférieure aux attentes : seuls 57 000 nouveaux emplois ont été créés (soit deux fois moins que les prévisions), et les chiffres des deux mois précédents ont été révisés sensiblement à la baisse, allégeant la pression en faveur d'une hausse des taux directeurs lors de la réunion de la Fed.

Concrètement, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à écarter le scénario d'une hausse des taux en juillet : cette probabilité, qui était encore de 34% mardi, est retombée à 17% ce jeudi, selon l'outil FedWatch de CME Group.

Des statistiques rassurantes

Dans le reste de l'actualité, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières est resté stable à 6,2% en mai dans la zone euro, un niveau inchangé par rapport à avril et en légère baisse par rapport aux 6,3% enregistrés un an plus tôt, selon les données publiées par Eurostat.

Outre-Atlantique, le Département du Travail des Etats-Unis indique avoir comptabilisé 215 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 22 juin, un chiffre en baisse de 1 000 par rapport au niveau de la semaine précédente (qui a été révisé à la hausse, de 215 000 à 216 000), un niveau inférieur au consensus, qui tablait sur 220 000 nouvelles inscriptions.

Rappelons par ailleurs que dans la zone euro, le taux d'inflation a nettement reculé en juin, passant de 3,2% à 2,8%, principalement en raison de la baisse significative des prix de l'énergie.

L'or noir poursuit d'ailleurs son repli aujourd'hui, avec un Brent à 70,6 USD le baril (-0,6%), retrouvant ses niveaux d'avant-guerre en Iran.