PARIS, 15 juin (Reuters) - L'utilité du projet Midcat de
nouvelle interconnexion gazière entre la France et l'Espagne
reste à démontrer au regard de son coût élevé, estime la
Commission de régulation de l'énergie (CRE) dans un rapport
publié mercredi.
Défendu par le transporteur français de gaz naturel TIGF et
par l'italien Snam SRG.MI , son principal actionnaire, ainsi
que par l'espagnol Enagas ENAG.MC , ce projet "coûterait près
de trois milliards d'euros (dont plus de deux pour la partie
française) pour créer des capacités représentant jusqu'à 15%
environ des consommations de gaz en France et en Espagne",
relève le régulateur.
Or, souligne la CRE, "un certain nombre de conditions
doivent être réunies pour qu'un projet aussi coûteux puisse être
lancé sans faire peser un risque trop important sur les
consommateurs espagnols et français", et ce au vu notamment de
la stabilité de la demande et de la surcapacité existante sur le
marché du gaz.
Le régulateur veut dans un premier temps s'assurer qu'il
existe un besoin du marché pour une telle infrastructure et que
tout ou partie de son coût peut être financé par les
réservations de capacités des acteurs de marché.
"Si le résultat de l'appel au marché est négatif, ce qui est
probable dans le contexte actuel, la décision de lancer le
projet ne saurait être prise sans études coûts-bénéfices
solides", souligne la CRE.
La commission ajoute qu'elle "veillera à éviter que les
consommateurs de gaz et d'électricité ne soient exposés à des
coûts considérables pour construire des infrastructures dont
l'utilité pour la construction du marché européen et la sécurité
d'approvisionnement n'aurait pas été démontrée".
Le régulateur fixe les tarifs des réseaux de transport et
contrôle les investissements des sociétés en charge de leur
gestion, ce qui lui donne de fait le pouvoir d'orienter leurs
décisions.
Le rapport de la CRE :
http://bit.ly/1Q3CsHx
(Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)