La candidature Attal: petite startup, gros moyens, combien de troupes ? information fournie par AFP 29/05/2026 à 19:30
Gabriel Attal, qui tient samedi son premier meeting de candidat à la présidentielle, peut s'appuyer sur une équipe de collaborateurs dévoués, des moyens financiers à faire pâlir la concurrence mais peine à rassembler l'ensemble de son parti, pas entièrement aligné sur sa démarche et sa prise de distance d'avec Emmanuel Macron.
"Power Rangers"
Certains entourages furent parfois surnommés les "mousquetaires". Celui de Nicolas Sarkozy, "la firme". Gabriel Attal, lui, appellerait parfois sa garde rapprochée les "power rangers", selon l'un d'eux. Question de génération.
Au centre du dispositif, Maxime Cordier. Après l'avoir rejoint au porte-parolat, cet ancien collaborateur ministériel issu de la droite l'a suivi du Budget à Matignon, jusqu'à Renaissance, dont il est le directeur général. Organisation, ligne politique, éléments de langage pour la presse... "C'est le véritable cerveau d'Attal, c'est lui qui décide de tout", juge un député.
Les deux se connaissent depuis Sciences Po Paris. Le premier émargeait aux jeunes socialistes, le second dirigeait la section UMP. En 2012, ils ont débattu pendant la présidentielle, façon duel Hollande-Sarkozy, encore disponible sur internet. Ils sont aujourd'hui dans le même camp, celui du "dépassement" droite-gauche macroniste mais avec des idées et des méthodes rappelant l'ère Sarkozy.
Un autre ex-UMP du premier cercle attaliste brille par son absence: Louis Jublin. Le conseiller en communication n'apparaît plus dans l'oganigramme depuis le départ de Matignon. Il s'occupe notamment de la communication d'Hélène Mercier-Arnault, épouse de Bernard, patron de LVMH.
Au parti, une trentaine de groupes de travail et près de 400 personnes, élus, hauts fonctionnaires, bûchent sur l'élaboration du programme, selon Renaissance. Grégory Guillaume, ancien conseiller à Matignon, dirige le pôle "idées". Le maire de Zimmerbach (Haut-Rhin) Benjamin Huin-Morales coordonne le programme.
Cagnotte
La question revient à chaque meeting de Gabriel Attal: à combien s'élève la facture ? "Plusieurs centaines de milliers d'euros" mais "loin du million" pour le Parc des Expositions de Paris, assure Renaissance. Des spéculations avaient déjà entouré les meetings de la Cité du Cinéma et d'Arras en 2025. Sans oublier les trois "Nuits de la République" organisées ces dernières semaines dont la première, au Palais-Brongniart à Paris, était animée par une intelligence artificielle.
Renaissance est, de loin, le parti le mieux armé financièrement pour la présidentielle. La formation, créée par Emmanuel Macron, a recueilli plus de 100 millions d'euros de financement public entre 2017 et 2022, conséquence de son hégémonie à l'Assemblée. Si cette manne a baissé en 2022 et encore en 2024 après la dissolution, le parti avait pu, lors de ses années fastes, acquérir un vaste siège... que Gabriel Attal a revendu. Renaissance est depuis en location dans le VIIe arrondissement de Paris et possède de quoi financer sa campagne, dont le plafond légal est fixé à 16,5 millions d'euros, et 22,5 millions en cas d'accès au second tour.
Des moyens sans comparaison avec ceux d'Horizons, le parti d'Edouard Philippe, qui bénéficie depuis la dissolution d'environ 3 millions annuels de financement public. De quoi bien réfléchir avant de se lancer dans une campagne à outrance. Horizons tiendra un meeting à Paris le 5 juillet. Renaissance en a d'ores et déjà annoncé un nouveau début septembre à Paris.
Poids moyens
Gabriel Attal n'a pas apprécié d'être interrogé sur France Inter sur l'absence de "poids lourds" samedi. L'ancienne Première ministre Elisabeth Borne a quitté les instances du parti. La présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet et la ministre Aurore Bergé ont fait savoir qu'elles ne viendraient pas.
Le patron de Renaissance s'entoure d'un carré de politiques fidèles, dont les anciens ministres Franck Riester, Prisca Thévenot et Antoine Armand, le député Paul Midy ou encore la présidente du groupe Renew au Parlement européen, Valérie Hayer.
Quatre ministres (David Amiel, Eléonore Caroit, Roland Lescure, Stéphanie Rist) sont annoncés au meeting, qui attend 80 parlementaires, y compris d'autres groupes du bloc central. "Attal a vraiment appelé tout le monde", glisse un collaborateur.
Nombre de macronistes seront donc absents. "Je ne suis pas pour la chaise vide. Renaissance est ma famille politique, je me rendrai au meeting dans une posture d’écoute et surtout pour échanger avec nos militants. Mais les candidats du bloc central doivent converger sur les idées, je me rendrai donc aussi au meeting d’Edouard Philippe", explique de son côté à l'AFP le député Marc Ferracci.