La Bourse brésilienne plonge après la réélection de Lula information fournie par Reuters 26/10/2026 à 15:45
La Bourse de São Paulo a suspendu ses échanges lundi pendant 30 minutes après une chute de 10% de l'indice Bovespa, qui a déclenché un mécanisme de coupe-circuit, au lendemain de la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva à la présidence du Brésil.
À l’ouverture des marchés, le réal a perdu environ 12% face au dollar, tandis que les contrats à terme sur le Bovespa ont plongé de près de 15%. Les obligations brésiliennes ont également reculé.
Le Trésor national a annulé ses adjudications d’obligations d’État indexées sur l’inflation et à taux fixe, prévues respectivement les 27 et 29 octobre.
Cette débâcle marque un retournement après la progression des marchés en début de mois, portée par les anticipations d’une victoire de Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle.
"Nous nous attendons à une vive réaction des marchés lundi, avec une réévaluation agressive des cours, une vague de ventes d’actifs et des contrats à terme sur taux d’intérêt susceptibles d’atteindre leur plafond peu après l’ouverture", a expliqué Luis Felipe Vital, responsable de la stratégie macroéconomique chez Warren Investimentos.
Le refus de Flávio Bolsonaro de reconnaître sa défaite et son engagement à demander l’annulation du scrutin ont renforcé l’incertitude des investisseurs.
L’attention se portera désormais sur le choix du ministre des Finances et les engagements budgétaires du prochain gouvernement Lula.
"Les investisseurs veulent un engagement clair et crédible en faveur de la discipline budgétaire", souligne Alejo Czerwonko, directeur des investissements pour les marchés émergents chez UBS Global Wealth Management.
L'équipe de Lula vise un excédent budgétaire de 1,3% du produit intérieur brut d’ici 2030, alors que la dette publique dépasse 82% du PIB et que les dépenses obligatoires limitent les marges de réduction des dépenses.
(Rodrigo Campos, Marcela Ayres et Karin Strohecker; avec la contribution de Paula Arend Laier, Fabricio de Castro, Sruthi Shankar et Johann M Cherian, version française Elena Smirnova, édité par Jean-Stéphane Brosse)