par John Revill
ZURICH, 9 janvier (Reuters) - La Banque nationale suisse
(BNS) SNBN.S pense avoir dégagé un bénéfice annuel de 54
milliards de francs (46,1 milliards d'euros) en 2017, un record
en 110 ans d'existence, la valorisation de ses réserves de
changes étant gonflée par ses efforts pour déprécier le franc.
La banque centrale suisse, qui publiera ses résultats
détaillés le 5 mars, anticipe un gain de 49 milliards de francs
sur ses positions en devises, qui atteignaient 784 milliards de
francs en novembre.
La BNS a aussi constaté un gain de 3 milliards de francs sur
ses réserves d'or.
Ce bénéfice annuel est plus de deux fois supérieur au
résultat de 24,5 milliards de francs enregistré en 2016 et il
est nettement supérieur au précédent record de 38,3 milliards
atteint en 2014.
La BNS s'efforce de limiter la vigueur du franc, qui
pénalise une économise suisse tournée vers l'exportation, et ses
efforts ont été en partie couronnés de succès l'an dernier avec
une dépréciation de la devise suisse de près de 9% face à l'euro
EURCHF= .
Elle a aussi profité en 2017 du dynamisme des marchés
d'actions à travers le monde. Environ 20% de ses investissements
sont constitués de participations dans de grands groupes comme
Amazon AMZN.O , Facebook FB.O ou Starbucks SBUX.O .
La BNS n'est pas tenue statutairement de dégager un
bénéfice, son mandat principal consistant à assurer la stabilité
des prix en Suisse.
Ce bénéfice record ne va pas entraîner de hausse de la
rémunération des 2.200 actionnaires de la BNS, qui s'en tient à
un dividende de 15 francs par action, le maximum autorisé par la
loi.
L'essentiel de son capital est détenu par les cantons et les
banques cantonales du pays.
Pour Crédit Suisse, la BNS aura plus de facilité à défendre
sa politique d'intervention sur le marché des changes après la
publication de ce résultat record.
"Avec un bénéfice important, il est plus facile pour la BNS
de justifier l'accumulation de toutes ces réserves de changes
que si elle avait subi une perte", dit l'économiste Maxime
Botteron.
(Bertrand Boucey pour le service français)