La Banque mondiale prévoit une hausse de 24% des prix de l'énergie en 2026 information fournie par Reuters 28/04/2026 à 15:53
par Andrea Shalal
Les prix de l'énergie pourraient augmenter de 24% en 2026 pour atteindre leur plus haut niveau depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie il y a quatre ans, si les perturbations les plus aiguës causées par la guerre au Moyen-Orient prennent fin en mai, a déclaré mardi la Banque mondiale.
Les prix des matières premières pourraient encore augmenter si les hostilités dans la région s'intensifiaient et si les perturbations de l'approvisionnement duraient plus longtemps que prévu, prévient l'institution financière dans ses dernières Perspectives des marchés des matières premières.
Le scénario de base de la Banque mondiale suppose que les volumes de transport maritime transitant par le détroit d'Ormuz, voie navigable cruciale, reviendraient progressivement à des niveaux proches de ceux d'avant-guerre d'ici octobre, mais a précisé que les risques penchaient "nettement" en faveur d'une hausse des prix.
Les prévisions de la banque tablent sur une hausse de 16% des prix des matières premières en 2026, compte tenu de l'envolée des prix de l'énergie et des engrais et des niveaux records atteints par plusieurs métaux clés.
Les attaques contre les infrastructures énergétiques et les perturbations du trafic maritime dans le détroit, qui avant la guerre acheminait 35% du commerce mondial de pétrole brut par voie maritime, ont déclenché le plus grand choc d'approvisionnement en pétrole jamais enregistré, a déclaré la Banque mondiale.
Le prix moyen du Brent devrait s'établir à 86 dollars le baril en 2026, en forte hausse par rapport aux 69 dollars le baril de 2025, selon la banque.
Le Brent pourrait atteindre en moyenne 115 dollars le baril cette année si les installations pétrolières et gazières essentielles subissaient davantage de dommages liés à la guerre et si les volumes d'exportation tardaient à se redresser, a indiqué la Banque mondiale.
"La guerre frappe l'économie mondiale par vagues successives : d'abord par la hausse des prix de l'énergie, puis par celle des produits alimentaires, et enfin par une inflation galopante, qui fera grimper les taux d'intérêt et renchérira encore le coût de la dette", a déclaré Indermit Gill, économiste en chef de la Banque mondiale.
Ce choc frapperait de plein fouet les plus pauvres, aggravant les difficultés des pays en développement déjà fortement endettés.
PRESSION SUR L'APPROVISIONNEMENT ALIMENTAIRE
Les prix des engrais devraient augmenter de 31% en 2026, en raison d'une hausse de 60% du prix de l'urée, l'engrais azoté solide le plus utilisé, produit par la conversion du gaz naturel en ammoniac et en dioxyde de carbone.
La flambée des prix des engrais accentuerait les tensions sur l'approvisionnement alimentaire, réduisant les revenus des agriculteurs et menaçant les récoltes futures. Le Programme alimentaire mondial, rattaché à l'Onu, estime que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë cette année si le conflit se prolonge.
La Banque mondiale prévoit désormais que l'inflation dans les économies en développement atteindra en moyenne 5,1% en 2026, selon le scénario de référence, contre 4,7% l'an dernier, soit un point de pourcentage de plus que les prévisions d'avant-guerre.
Cependant, si le conflit se prolonge, l'inflation pourrait grimper jusqu'à 5,8% dans ces mêmes économies.
La croissance économique serait également fortement impactée, a indiqué l'organisme. Les économies en développement devraient désormais croître de seulement 3,6% en 2026, contre une prévision de croissance de 4% avant-guerre.
(Rédigé par Andrea Shalal ; version française Coralie Lamarque, édité par Blandine Hénault)