La Banque du Japon met en garde contre l'impact économique du conflit au Moyen-Orient
information fournie par Reuters 06/04/2026 à 13:51

Un passant passe devant le siège de la Banque du Japon à Tokyo

La Banque du Japon (BoJ) a déclaré ‌lundi que la flambée des prix du pétrole et les perturbations de l'approvisionnement provoquées par ​le conflit au Moyen-Orient pourraient nuire à l'économie, ce qui risque de compliquer son projet de hausse des taux d'intérêt.

Cette évaluation, présentée dans un rapport s'appuyant sur les conclusions des antennes régionales ​de l'institution monétaire, contraste également avec le ton "hawkish" du conseil des gouverneurs à l'issue de la réunion de mars, qui ​a mis surtout l'accent sur les risques inflationnistes ⁠liés à la guerre.

Selon le rapport trimestriel de la BoJ, dans plusieurs régions, les entreprises ‌subissent déjà la pression liée à la hausse des coûts des intrants et aux perturbations de l'approvisionnement en matières premières, conséquence de la guerre qui ​fait rage depuis plus de ‌cinq semaines au Moyen-Orient et qui perturbe le transport et la production ⁠d'hydrocarbures.

"Alors que l'incertitude s'accentue, certaines entreprises craignent que la hausse des prix, principalement de l'énergie, ne nuise aux bénéfices des entreprises et à la consommation", souligne le rapport, publié lundi.

Dans la ⁠préfecture occidentale d'Osaka, par ‌exemple, un fabricant de produits chimiques a réduit sa production en raison ⁠de l'incertitude quant à l'arrivée des matières premières, tandis qu'une entreprise de transport a déclaré ‌que ses coûts pourraient augmenter en raison du réacheminement des exportations qui transitaient ⁠initialement par Dubaï.

"L'impact semble limité pour l'instant. Mais si le conflit s'intensifie ⁠ou se prolonge, les ‌répercussions sur l'activité économique pourraient s'étendre", a déclaré Kazuhiro Masaki, directeur de l'antenne de la BoJ ​à Osaka.

"Il ne s'agit pas seulement de l'impact ‌sur les prix, mais aussi de la disponibilité des marchandises", a-t-il souligné.

Ce rapport, basé sur des enquêtes menées par ​les succursales régionales jusqu'à fin mars, figurera parmi les facteurs que la banque centrale japonaise examinera pour décider d'une éventuelle hausse des taux lors de sa prochaine réunion de ⁠politique monétaire les 27 et 28 avril.

L'impact économique de la guerre pourrait compliquer le projet de hausse des taux de la BoJ, même si les pressions inflationnistes - exacerbées par la hausse des cours du pétrole et la faiblesse du yen — ont conduit les marchés à estimer à environ 70% la probabilité d'une hausse des coûts d'emprunt en avril.

(Reportage Leika Kihara; version française Diana ​Mandiá, édité par Augustin Turpin)